
Revue de presse du 24 octobre au 4 novembre par Raymond Blanchard, agent de recherche et projets; aucune position officielle du C.A. de la FÉÉCUM ne devrait en être interprétée.
En début de semaine dernière, on apprenait que le recteur Raymond Théberge avait été compensé à hauteur de 107 000$ pour son déménagement à Moncton, en 2012. La majorité (quelques 93 000$) de cette somme ont servi à couvrir les frais de courtage liés à la vente de son domicile en Ontario (Radio-Canada). Admettant que cette somme a contribué à sa décision d’accepter la position qu’il occupe toujours cinq ans plus tard, M. Théberge, s’est engagé à faire un don de 50 000$ à la prochaine campagne de financement majeure de l’Université de Moncton (Le Front).
Ce genre d’arrangements est fréquent dans le domaine universitaire, mais en a surpris plusieurs par l’ampleur du montant accordé, considérant les moyens de notre université. En entrevue à l’émission Le Réveil, M. Théberge a tenté d’expliquer le montant – excessif aux yeux de certains - en invoquant la réalité du marché immobilier à Toronto, avant de dire qu’il ne prévoit pas de répercussions auprès des donateurs de l’institution (Radio-Canada).
Entre temps, l’Université caresserait nous dit-on le projet de construire une « maison de l’environnement » sur le campus. Le bâtiment répondrait aux plus strictes normes de construction écologique et aurait la vocation de laboratoire en technologies vertes, permettant « aux étudiants et aux chercheurs de réaliser des expériences, de tester et de faire évoluer les technologies existantes ». Intéressant (Acadie Nouvelle)!
Et pendant que tout ça se trame, l’Université a maintenu son rang au classement MacLean’s, où elle demeure 14e dans la catégorie « primarly undergraduate » (Acadie Nouvelle).
Mais pendant qu’on critique les avantages consentis au recteur et qu’on mijote des projets de construction verts à Moncton, à Sackville l’Université Mount Allison a lancé une nouvelle stratégie en santé mentale centrée sur l’amélioration des services offerts aux étudiant.e.s sur le campus, notamment en ajoutant un.e psychiatre au personnel (Argosy).
Gardons un œil là-dessus, car là-bas comme ici on constate des délais moyens de près d’un mois pour obtenir une consultation auprès des services de psychologie (Radio-Canada).
Allons-y une crise à la fois, cependant, car c’est ce vendredi que le Sénat académique doit recevoir le rapport du vice-recteur aux études et à la recherche sur la planification académique. Le rapport suggère notamment l’abolition de 21 programmes en plus de la réforme de plusieurs autres (Acadie Nouvelle). Rappelons qu’après avoir commandé et suivi le développement d’un rapport semblable il y a de cela quelques années, le Sénat l’avait en bout de ligne jugé non-recevable (Acadie Nouvelle).
Disons qu’il y a raison de douter qu’il accueillera cette seconde mouture à bras ouverts, mais nous en saurons plus la semaine prochaine.
Cette semaine avait lieu le discours du trône à la législature provinciale, au cours duquel le gouvernement Gallant a établi l’éducation comme la priorité de la session parlementaire qui s’ouvre (Radio-Canada). Mais, fidèle à son habitude, il essuie aussitôt le discours livré des critiques sur son manque de précision quant aux moyens qui seront utilisés et aux fonds qui y seront consacrés, en plus de semer quelques doutes sur la vérité de ses intentions. En effet, le chroniqueur Mathieu Lang (également professeur la Faculté des sciences de l’éducation) a fait valoir que le discours du trône « est plutôt un discours particulièrement axé sur l’économie dont la pierre angulaire est l’idéologie néolibérale » (Acadie Nouvelle) qu’un discours sur l’éducation.
Il faut dire que le présent gouvernement, à l’instar de son prédécesseur, continue à parler d’éducation comme d’une solution pour relancer l’économie de la province. Lang fait observer, avec justesse, que « l’éducation est un domaine particulier de l’existence humaine. Elle vise l’atteinte d’au moins trois dimensions de chaque personne: l’épanouissement individuel, le développement de compétences à l’emploi et l’épanouissement citoyen ». Dans la situation présente, on se concentre sur un seul de ces aspects, à Fredericton.
En Nouvelle-Écosse, des centaines d’étudiant.e.s sont descendus dans les rues pour réclamer la gratuité de l’éducation postsecondaire (CTV News) sur le parterre de la Législature provinciale. La manifestation faisait partie d’une journée d’action nationale de la FCÉÉ (FCÉÉ).
Enfin, des chiffres inquiétants ressortent d’une étude pancanadienne sur la sécurité alimentaire, qui nous indique que deux étudiants canadiens sur cinq rencontrent des barrières importantes à l’obtention d’alimenta sains en quantité suffisante (Le Devoir).
Comme quoi, les universités ne sont pas toujours les jardins idylliques que nous présentent les publicités de recrutement…
Je vous laisse réfléchir là-dessus. Bonne fin de semaine!




