
Chaque semestre, lors de la 4e semaine de novembre et de mars, on enclenche le processus d’évaluation des professeures et professeurs à l’Université de Moncton. Quelle est cette évaluation et à quoi serre-t-elle ? D’après la convention collective signée entre l’Association des Bibliotécaires et Professeur.e.s de l'Université de Moncton (ABPPUM) et l’Université, il y a deux types d’évaluation de l’employé.e (professeur.e);
- Évaluation administrative de l’enseignement (celle faite en classe avec le feuillet vert)
- Évaluation formative de l’enseignement
Évaluation administrative de l’enseignement
Toujours d’après la convention collective, cette évaluation a pour but d’assurer la qualité de l’enseignement et de prendre des décisions administratives justes et équitables. Cette évaluation contient obligatoirement un questionnaire rempli par les étudiant.e.s et est obligatoire pour tous les employé.e.s, donc pour tous les professeur.e.s. La convention collective entre l’Université de Moncton et l’ABPPUM indique que le questionnaire doit évaluer les composantes suivantes :
Les responsabilités relatives à l'enseignement proprement dit comprennent l'enseignement sous forme de :
a) cours, séminaires, laboratoires, ateliers, production de présentations publiques, monitorat, tutorat;
b) direction ou supervision des étudiantes et étudiants lors de projet de R-D-C, de mémoire, de thèse ou de stage;
c) préparation de matériel d'enseignement;
d) évaluation des progrès des étudiantes et étudiants;
e) rôle de conseiller académique aux étudiantes et étudiants; et
f) autres activités auxquelles la professeure ou le professeur se livre pour fins de préparation de ses activités d'enseignement.
Les activités qui s'y rattachent comprennent diverses responsabilités d'encadrement, d'administration et de coordination rattachées à l'enseignement, y compris faire partie de l'assemblée départementale, de ses comités académiques reliés aux programmes et de l'assemblée de faculté.
Les résultats de cette évaluation sont confidentiels, mais l’employé.e doit les inclure dans son dossier personnel lorsqu’il ou elle fait une demande pour l’obtention de la permanence ou une promotion. Ainsi, il est important de bien remplir ce questionnaire, car il joue un rôle dans l’avancement professionnel du professeur.e.
Encore d’après la convention collective, un comité révise annuellement le système d’évaluation administrative. On peut même y lire :
Un comité formé de deux représentantes ou représentants de l’Employeur et de deux membres de l’ABPPUM nommés par l’ABPPUM révise annuellement le système d’évaluation administrative. Les parties conviennent que deux représentantes ou représentants des étudiantes et étudiants pourront s’ajouter au comité selon les modalités établies par les trois parties.
Je peux confirmer que la FÉÉCUM n’a jamais eu une telle demande depuis que je suis directeur général, soit depuis novembre 2012. Pourtant, la majorité de la masse étudiante et du corps professoral devrait être d’accord pour dire que ce questionnaire ne remplie pas bien son devoir. Ainsi, je serais curieux de savoir qui siège sur ce comité annuellement et qu’est-ce qui s'y discute, car d’après ma recherche, le dernier changement fait à ce questionnaire nous amène à l’année académique 2005-2006. Il serait probablement grand temps de mettre à jour le questionnaire pour qu’il soit vraiment un outil d’évaluation et non seulement une série de questions vagues et qui, dans certain cas, ne s’appliquent même pas au cours en question. De plus, la haute administration regarde présentement la possibilité de passer à un questionnaire web pour l’évaluation. Temps qu’à faire des changements, aussi bien en profiter.
Revenons à l’évaluation de cours, qu’est-ce qui arrive avec les résultats ? Autre que pour le dossier de promotion, le.la doyen.ne reçoit également les résultats concernant le corps professoral de sa faculté. Voici ce que la convention mentionne à ce sujet :
La doyenne ou le doyen prend connaissance des résultats de l’évaluation administrative de l’enseignement et, après avoir consulté la directrice ou le directeur du département ou de l’école de l’employée ou de l’employé, peut inviter celle-ci ou celui-ci à discuter de son enseignement. Après cette rencontre, la doyenne ou le doyen peut décider d’établir un plan de redressement. Le plan de redressement ainsi que toute correspondance entre la doyenne ou le doyen et l’employée ou l’employé concernant le présent article sont versés au dossier officiel et au dossier au décanat de l’employée ou de l’employé.
Je suis très curieux de savoir les statistiques à ce sujet. Est-ce qu’il y a beaucoup de professeur.e.s qui se retrouvent avec un plan de redressement ? Si je me fie à la parole des étudiant.e.s, il devrait y en avoir tout de même plusieurs. Malgré le fait qu’il y a beaucoup de bons professeur.e.s à l’Université de Moncton, il est permis de croire qu’il y en a des moins bon qui devraient nécessairement être sur un plan de redressement. Malheureusement, beaucoup des professeur.e.s qui nous sont mentionné.e.s dans des histoires qui questionne leur compétence aujourd'hui sont bien souvent les mêmes de qui on se plaignait quand j’étais étudiant, soit entre 1995 et 2005. Donc à main levée, comment de doyen.ne.s appliquent cette clause 21.06 de la convention ? Dans certaines facultés, il est même permis de se questionner sur la possibilité du.de la doyen.ne de faire ceci de façon adéquate avec le nombre de professeur.e.s qui sont à la faculté. C'est certain que dans le cas des petites facultés, c'est plus réaliste de demander un processus rigoureux de la part des doyen.ne.s.
Il est important de noter qu’il y a une clause dans la convention qui indique clairement que cette évaluation n’est pas celle de la FÉÉCUM (que l'on distribuait jadis), pour faire en sorte que les étudiant.e.s ne peuvent pas avoir accès aux « vrais » résultats.
Maintenant, l’évaluation formative de l’enseignement
Il est plus difficile de comprendre cette évaluation à la lecture de la convention collective. Une chose qui est claire, c'est que le seul objectif de celle-ci est le perfectionnement des compétences en enseignement du corps professoral. Au contraire de la police, ici on dit que tout ce qui sort de cette évaluation ne peut être utilisé contre vous et ne sera jamais utilisé contre vous :
[...] le SASE voit au développement et à l’application du système d'évaluation formative de l'enseignement. Les résultats de cette évaluation demeurent la propriété de l’employée ou de l’employé et sont confidentiels. L’employée ou l’employé ne peut pas se servir des résultats pour fins d'évaluation administrative.
La partie réservée à cette évaluation formative dans la convention porte presque entièrement sur le Service d’aide et de soutien à l’enseignement (SASE), service qui doit être offert par l’Université et qui, d’après son site Internet a pour objectifs généraux :
1. Promouvoir et favoriser une pédagogie universitaire qui appuie l’apprentissage et la réussite.
2. Établir un réseau de collaboration afin de développer et de soutenir une culture de la pédagogie.
3. Créer un environnement propice à l’apprentissage.
4. Offrir aux membres du corps professoral des occasions et des moyens d’intégrer les technologies dans leur pédagogie.
5. Assurer un perfectionnement linguistique aux membres du corps professoral.
6. Promouvoir la recherche en pédagogie universitaire.
La création du SASE est en théorie une très bonne chose. Pourquoi je dis en théorie ? C’est qu’il y a cette ligne-ci dans la convention collective :
Le SASE offrira des services individuels ou en groupe aux employées et employés afin de les aider à réaliser un plan de perfectionnement en enseignement. Toutefois, les deux parties reconnaissent que l’employée ou l’employé est la première ou le premier responsable de son perfectionnement en enseignement.
Ainsi, d’après l'interprétation usuelle, toutes les activités du SASE sont purement optionnelles pour le corps professoral. Sans savoir qui participe aux formations offertes au SASE, je peux imaginer que les professeur.e.s en ont besoin ne sont pas tous là.
De plus, tel que mentionné plus haut, le SASE voit au développement et à l’application du système d’évaluation formative de l’enseignement. À ce qu'on entend des étudiant.e.s, aucun professeur.e n’a jamais distribué un questionnaire d’évaluation formative. Comment est donc faite cette évaluation ? La question semble mériter une réponse de la part de l’administration universitaire et de l’ABPPUM, réponse qu'il nous fera plaisir de partager quand nous l'auront.
Malheureusement, sur le site internet du SASE, les rapports annuels s'arrêtent en 2010-2011 et la partie du site qui concerne cette évaluation ne fait que mentionner ce qui est dans la convention collective. Donc difficile de trouver de l’information sur la mise en œuvre des évaluations formatives.
Il est important de mentionner que le SASE semble très actif côté formations. Plusieurs formations sur différents sujets touchant l’enseignement sont offertes tout au long de l’année universitaire. De plus, le SASE organise en collaboration avec le Programme d’appui à la réussite des études, un colloque annuel d’appui à la réussite. Les professeur.e.s sont invité.e.s à participer à ces différentes activités sur une base volontaire.
Donc un beau programme, de bons objectifs, mais une volonté qui n’est peut-être pas toujours présente.
Texte de réflexion - aucune position officielle du C.A. de la FÉÉCUM ne devrait en être nécessairement interprétée.




