
Texte par Pierre Losier, directeur général de la FÉÉCUM
Lors du Sénat académique du 6 mai 2016, l’Université s'est doté d’un nouveau règlement concernant le plan de cours. Pour mettre cette nouvelle règlementation en place, tout le corps professoral (temps complet, temps partiel, et chargé de cours) devrait avoir reçu l’information concernant cette réglementation.
Premièrement, le règlement stipule que toute personne qui enseigne un cours à l’Université de Moncton doit produire un plan de cours et présenter et expliquer celui-ci aux étudiantes et aux étudiants au premier cours du semestre. C’est la doyenne ou le doyen de chaque faculté qui doit faire en sorte que cette partie du règlement soir respecté par le corps professoral.
En premier lieu, il doit nécessairement y figurer de l’information générale qui est aussi dans le répertoire telle que :
- description du cours qui parait au Répertoire;
- objectifs d’apprentissages généraux approuvés par le Comité des programmes;
- le règlement 10.9.3 concernant la fraude;
- un rappel de l’offre de mesures d’adaptation pour les étudiantes et étudiants ayant un handicap (un texte spécifique a été fourni par la direction des SAÉÉ à ces fins que les professeurs peuvent utiliser au lieu d'écrire leur propre rappel);
- les normes linguistiques de l’Université de Moncton ou les exigences du cours ou du programme si plus élevées que celles indiquées dans la Politique linguistique de l’Université de Moncton.
Le règlement décrit de façon très précise ce que doit contenir le plan de cours ensuite. En ce qui concerne le contenu qui est à la discression du professeur, le plan de cours doit contenir :
- contenu et thèmes étudiés dans le cours;
- objectifs spécifiques d’apprentissage;
- bibliographie, liste des ouvrages consultés par la professeure ou le professeur dans la préparation de son cours;
- modalité, nature, critères et pondération de toutes les évaluations qui seront obligatoires dans le cours. Si la professeure ou le professeur décide de changer une de ces conditions, elle ou il doit avoir le consentement écrit de toutes les étudiantes et tous les étudiants. La façon d’avoir cette approbation est libre au professeure ou professeur, mais il doit avoir un effort raisonnable pour donner la chance aux étudiantes et étudiants de se prononcer sur un changement. Le règlement 8.6.2 indique clairement qu’un professeur doit donner un préavis d’une semaine aux étudiantes et étudiants concernant la nature de l’évaluation. Je précise que les évaluations « surprises » (comme les « pop quiz ») ne sont pas permises à l’Université de Moncton. Le règlement 8.6.2 est clair sur cela : « Dans le cas d’une épreuve de contrôle, la professeure ou le professeur doit donner un préavis d’une semaine sur la nature de l’épreuve et en communiquer le résultat durant les deux semaines qui la suivent… »;
- coordonnées et disponibilité de consultation de la professeure ou du professeur. J’aimerais prendre l’occasion pour vous rappeler qu’une professeure ou un professeur doit « consacrer un minimum de six (6) heures de bureau par semaine à la disposition de ses étudiantes et étudiants pour consultation en dehors de ses heures d’enseignement » d’après l’article 24.12 à la page 46 de leur convention collective;
- manuels de cours s’il y en a;
- liste des lectures obligatoires ou complémentaires. Des lectures peuvent être ajoutées au cours du semestre;
- tout autre élément que la professeure ou le professeur juge pertinent.
Ce règlement indique également que le décanat de la faculté doit avoir les plans de cours de tout le corps professoral pour en construire une banque de syllabus sur une période de 10 ans.
Finalement, le règlement indique le recours que les étudiantes et étudiants ont en cas que le plan de cours ne suit pas ces nouvelles normes. Comme dans la majorité des conflits à l’Université de Moncton, si l’étudiante ou l’étudiant croit que ses droits sont brimés concernant le plan de cours, elle ou il doit d’abord s’adresser au professeure ou professeur. Si l’étudiante ou l’étudiant n’est pas satisfait de la conclusion de la professeure ou professeur ou n’a pas de réponse deux semaines suivant sa demande, elle ou il doit ce tourner à la doyenne ou doyen de la faculté responsable du cours. Finalement, si elle ou il n’est pas satisfait.e de l’interprétation du doyen, elle ou il peut faire demande au comité d’appel du Sénat académique.
Il est important mentionner que d’après l’Université, il a y une différence entre un plan cours de piètre qualité et un plan de cours qui n’a pas tout le contenu indiqué dans le règlement (la médiocrité est protégée par le règlement malheureusement).
Si vous croyez que le plan de cours ne suit pas ces normes, vous pouvez demander aux étudiants-conseils ([email protected]) de l’aide pour acheminer vos plaintes.
Après tout ceci, je suis certain que vous vous demandez ce qui arrive si une professeure ou un professeur ne suit pas ce nouveau règlement. La question est simple et la réponse simple est « RIEN ». Dans cette situation et comme dans la majorité des cas où la masse étudiante a un droit, l’administration de l’Université se fit sur la bonne foi du corps professoral. À maintes reprises dans le passé, il nous a été possible de constater que cette bonne foi fonctionne dans la majorité des cas, mais il reste toujours d'irréductibles Gaulois parmi le corps professoral qui ne croit pas dans l’option de changer leur façon de faire. Et dans ce cas, difficile de voir quelles sont les conséquences possibles pour une professeure ou une professeur qui brime les droits des étudiants. Mais il faut être de bonne foi nous aussi - il s'agit peut-être d'une erreur ou d'un oubli et il est important de demander à ce que les normes imposées par l'Université soient respectées. Habituellement, un correctif sera apporté.




