
Revue de presse du 12 février par Raymond Blanchard, agent de recherche et projets; aucune position officielle du C.A. de la FÉÉCUM ne devrait en être interprétée.
Avez-vous quelques heures devant vous sans trop savoir quoi en faire?
Googlez «right fiers».
Le slogan des jeux de la Francophonie canadienne qui se tiendront à Moncton en 2017 a fait beaucoup jaser cette semaine. D’une part du débat on retrouve les tenants du français normatif, qui se désolent de voir un événement associé à la francophonie adopter un slogan en chiac, et qui déplorent – parfois entre les lignes, mais pas toujours – l’impact assimilateur de ce dialecte pourtant bien représentatif de la réalité francophone du Sud-est. D’autre part du débat, on a les tenants des vertus identitaires et culturelles de la langue, qui considèrent que la fierté francophone et l’occasion de vivre un événement d’envergure en français, ce qui n’est pas acquis pour tous les francophones en milieu minoritaire, subsume (z’êtes bienvenus, les puristes) le niveau de langue utilisée.
En tout cas, peu importe leur niveau, les langues se sont lâché lousse sur le sujet.
Mais bon, de notre côté, la situation inhabituelle des 18 étudiant(e)s exclus du programme d’éducation en raison de leur échec au Test de compétences langagières en français (TCLF) a continué de susciter l’intérêt (Radio-Canada). Même chez le pendant anglophone de notre diffuseur national – avec les charmants commentaires que l’on suppose – l’événement a su attirer l’attention du public (CBC). Il faut reconnaître que le taux d’échec est anormalement élevé cette année et qu’il reste impossible de dire s’il s’agit d’une anomalie ou d’une tendance émergente. Les demandes de ces étudiant(e)s pour davantage d’encadrement, particulièrement en ce qui concerne l’épreuve de la dictée sans dictionnaire (qui semble être la plus problématique) ont été répétées (Acadie Nouvelle) ce qui, on l’espère, aidera à redresser la situation.
Parlant de redressement, dans une entrevue donnée à l’Acadie Nouvelle, le recteur Raymond Théberge explique que le gel des subventions constitue une nouvelle compression pour l’U de M et que l’institution possède deux leviers pour assurer sa rentabilité – les subventions et les droits de scolarité. Il affirme toutefois qu’il ne croit pas que l’Université sera tentée de considérer « les étudiants internationaux comme étant la source (de revenus) pour répondre au sous-financement des universités » (Acadie Nouvelle).
Rappelons que, contrairement aux étudiants néo-brunswickois, les étudiants internationaux et hors-province ne sont pas protégés par le plafond de 2% à la hausse des droits de scolarité inclus dans le dernier budget provincial.
On apprend d’ailleurs que les étudiants internationaux de l’UMCE seraient « régulièrement victimes de discrimination, de harcèlement psychologique, d’injustices et de favoritisme dans leurs milieux d’étude et d’apprentissage clinique », et que leurs plaintes ne seraient pas prises au sérieux quand ils approchent l’Université. Selon un des étudiants interviewés, il devient préférable, dans leur situation, de subir ces injustices sans trop faire de bruit en espérant obtenir son diplôme. L’UMCE déclare pour sa part traiter tous ses étudiants de façon équitable (Acadie Nouvelle). Ce dossier ira-t-il plus loin?
À Sackville maintenant, l’Université Mount Allison a déclaré qu’elle investirait 12 000$ l’an prochain dans son programmes d’études genrées et féministes, menacé de disparition (CBC). C’est une somme qui permettra de couvrir deux charges de cours – alors que le programme en compte quatre. Sans possibilité de nouvelles inscriptions, qu’adviendra-t-il du programme en bout de ligne?
À Halifax, des étudiants de l’Université Dalhousie ont profité d’une journée de tempête pour protester contre une hausse proposée des droits de scolarité. Le gouvernement provincial a suspendu pour un an la règlementation sur les hausses et DAL prévoit une augmentation de 3% pour la majorité des programmes, et allant jusqu’à 5% ou 6% en pharmacologie, ingénierie et agriculture (Global News).
La Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCÉÉ) a lancé un appel cette semaine pour la gratuité de l’éducation universitaire, objectif réalisable d’après ses calculs au coût de 3,3 milliards $ par année sous la forme de transfert aux provinces. La FCÉÉ croit que le présent gouvernement saura être plus réceptif à l’idée que ne l’était son prédécesseur, en raison notamment des promesses formulées lors de la campagne électorale touchant à la réduction de l’endettement étudiant et à l’accessibilité aux études postsecondaires (CBC).
Au même moment, le gouvernement Trudeau est pointé du doigt pour des réformes proposées touchant aux stagiaires non-rémunérés en milieu de travail règlementé par le gouvernement fédéral. Selon ces réformes, les stagiaires pourraient travailler jusqu’à quatre mois (temps plein) ou un an (temps partiel) sans être payés, avec la possibilité d’une nouvelle période d’un an à temps partiel suivant un délai de trois mois sans être à l’emploi d’une compagnie (CBC), ce qui placerait les jeunes dans des situations d’emploi précaires.
Au Québec, le torchon brûle entre l’UQÀM et le syndicat des étudiants employés de l’institution (SÉTUE), alors que la récente demande d’arbitration de l’Université a été refusée par le ministère du Travail. Les négociations se poursuivent, alors que le SÉTUE revendique un plancher d’heures de travail (Le Devoir). Le contrat de travail des quelques 3000 membres est échu depuis le 31 décembre dernier (La Presse).
À l’Université Concordia, un tollé a été soulevé par la nouvelle qu’une administratrice embauchée en fanfare pour redresser les finances de l’institution (qui affiche présentement un déficit de 8 millions $) avait démissionné après trois mois en poste, en empochant une indemnité de départ de 235 000$ (La Presse). Rien dans la loi ne prévoit une indemnité aussi généreuse, qui figurait pourtant au contrat de l’employée : en cas de démission, le minimum requis est le versement de l’indemnité de vacances, soit 4%.
Petite dernière avant de partir : un rapport à l’Université de l’Alberta concernant les agressions sexuelles sur le campus conclut que le soutien apporté aux victimes doit être amélioré, et que les délais soient réduits dans le traitement des plaintes reçues. Le rapport complet contient en tout 46 recommandations visant à améliorer les actions de l’Université – où 20 incidents ont été rapportés en 2013-2014 - en fait de consentement et d’agressions sexuelles (CBC).
Comme quoi, mieux vaut tard que jamais.




