
Revue de presse du 5 février par Raymond Blanchard, agent de recherche et projets; aucune position officielle du C.A. de la FÉÉCUM ne devrait en être interprétée.
La semaine s’est ouverte sur le budget provincial, portant l’espoir d’un peu plus de clarté sur les intentions du gouvernement Gallant dans une multitude de dossiers. Il faut dire que le doute planait sur l’aboutissement de la Révision stratégique des programmes et que des craintes légitimes demeuraient quant aux coupures possibles. Rien n’en fût : le gouvernement a bien coupé dans la fonction publique, mais pour le reste, il a augmenté ses revenus en haussant de 2% la TVH et en augmentant l’imposition des grandes entreprises (Radio-Canada). La santé et l’éducation furent largement épargnés.
Il fut question d’éléphants et de souris, dont la sexualité comporte clairement des particularités qui m’échappent, mais bref : ce n’est pas ce que l’on attendait qui est sorti.
Dans le domaine universitaire, où l’on craignait une baisse des subventions, le statu quo a prévalu en bout de ligne. 0% d’augmentation pour une seconde année consécutive, dégel des droits de scolarité avec un plafond de 2% (sauf pour STU), promesse de réinvestir une partie des épargnes réalisées par l’abolition de programmes d’allègement de la dette étudiante au cours de l’année, tel est notre lot (Acadie Nouvelle). Les premières analyses nous classent parmi les perdants du budget (Acadie Nouvelle), mais il faudra – encore – laisser chance au coureur avant de pouvoir dire l’impact des mesures entreprises.
Je vous proposerai une analyse plus complète des mesures qui nous toucheront directement au cours des prochains jours.
La bombe de la semaine n’est donc pas venue d’où nous l’attendions. En vérité, c’est la nouvelle de l’échec d’un quart des étudiants au test de compétences langagières en français (TCLF) qui nous a pris de court (Acadie Nouvelle). Ce test doit obligatoirement être réussi par les étudiant(e)s de 3e année en éducation afin de poursuivre leur formation (minimum de 76% à chacun des neuf modules), ce qui signifie qu’un quart de la présente cohorte sera vraisemblablement exclu du programme d’étude. Ce taux d’échec anormalement bas (le taux de réussite des trois dernières années étant de 96%, 100% et 100%) amènera-t-il des changements dans la structure des programmes en éducation?
Il faut dire que l’étudiante qui a ébruité l’affaire dans les médias se destinait à une carrière dans le système anglophone, en immersion française, dont les standards langagiers ne sont pas les mêmes que dans le système francophone; il y a donc clairement lieu de repenser les exigences si on compte poursuivre le recrutement dans les écoles anglophones. Notamment, les questions du délai et des outils de préparation en vue de ce test ont été soulevées, de même que du manque de soutien ciblé pour les étudiant(e)s dont le français est la deuxième langue. À suivre, certainement.
Du coté de Sackville, on a appris en début de semaine que le programme de mineure en études genrées et en études féministes serait aboli faute de financement (CBC), du moins d’après l’information reçue par la professeure responsable du programme, et communiquée aux étudiant(e)s affecté(e)s. L’Université Mount Allison a par la suite contredit la nouvelle, disant qu’aucun processus de révision, de consultation, ou de décision n’était en cours (abonnement requis : Telegraph-Journal). Le programme n’est donc pas coupé, mais recevra 0$ au prochain budget... Une pétition circule déjà en faveur du maintien du programme (CBC).
Le Front a effectué un suivi sur la question des agressions sexuelles à l’Université: il appert que, malgré la présence de services adéquats sur le campus et aux environs, les étudiant(e)s reçoivent trop peu d’information sur la question de ce qui constitue une agression sexuelle, de même que sur l’aide et les recours disponibles. La FÉÉCUM a lancé une campagne de sensibilisation sur le consentement en 2015-2016, qui a eu un certain impact, mais rien n’a encore été entrepris du côté de l’Université en ce sens (Le Front).
Alors voilà, su ce je vous laisse aller pelleter/batifoler/jurer dans la neige qui semble sur le point de nous ensevelir pour la fin de semaine!




