
La commissaire aux langues officielles du N-B, Katherine d’Entremont, a récemment subi les foudres de nombreux ministres pour une affaire d’enquête visant un commissionnaire unilingue anglophone. L’employé a été muté et a vu ses heures de travail réduites, bien que la commissaire n’ait rien eu à voir avec la décision.
Le problème tenait à ce que la plainte à l’origine de l’enquête ait été déposée par la commissaire elle-même, et que selon le ministre responsable des langues officielles Donald Arseneault, il semblait «étrange que Mme d’Entremont ait laissé entendre que sa plainte venait d’une tierce personne» (Radio-Canada). De même, le ministre lui a reproché d’avoir critiqué la ville de Miramichi pour ne pas avoir atteint ses objectifs linguistiques, au lieu de la féliciter pour ses progrès. À ces propos, Mme d’Entremont à répondu que «M. Arseneault peut critiquer mon travail s’il le veut. Toutefois, il tient des propos qui donnent à penser qu’il est acceptable que des institutions ne respectent pas les droits linguistiques des Néo-Brunswickois» (Radio-Canada). Le bal était lancé.
L’opposition officielle a demandé au ministre de rétablir le statut de l’employé réprimandé et pesait l’idée de déposer une motion en Chambre pour la destitution de la commissaire. L’Alliance des gens du N-B (qui ne siège pas à Fredericton) a demandé sa démission (Acadie Nouvelle), se faisant le portevoix de la quarantaine de protestataires qui avait envahi le parterre de la Législature. Les libéraux soutenaient pour leur part que le poste de la commissaire n’était pas à l’abri des coupures prévues par sa révision stratégique des programmes (Radio-Canada).
La commissaire avait pourtant agi à l’intérieur des limites de son mandat. L’article 43 (10) de la Loi sur les langues officielles prévoit que «le commissaire procède à des enquêtes, soit à la suite des plaintes qu’il reçoit, soit de sa propre initiative» (GNB). Me Michel Bastarache et Me Michel Doucet, deux sommités en fait de langues officielles, ont à leur tour soulevé l’importance du rôle de la commissaire, tout en rappelant son mandat et ses obligations en vertu de la Loi. Les deux juristes considéraient «irrecevables les attaques dont elle a fait l’objet» car «Le gouvernement et le premier ministre doivent respecter l’indépendance de la commissaire puisque celle-ci est essentielle à l’accomplissement de ses devoirs» (Acadie Nouvelle).
En bout de ligne, après sa comparution devant l’Assemblée législative provinciale, Mme d’Entremont a vu ses critiques changer leur fusil d’épaule pour l’appuyer inconditionnellement, les ministres disant «avoir compris l’importance de son travail» (Radio-Canada).
La FÉÉCUM aussi comprend l'importance de ce travail, et de plus, appuie pleinement la commissaire dans ses démarches qui doivent rester à l'abri des ennemis du bilinguisme et de la Francophonie.




