
par Raymond Blanchard, agent de recherche et projets
Ô vous, amoureux du clic, j’ai la joie de vous apprendre que l’Université de Moncton a récemment publié son rapport annuel pour l’année académique 2014-2015. Après avoir reçu un courriel, puis cliqué trois liens consécutifs avant d’atteindre la terre promise (ça va plus vite si vous commencez directement sur la page web de l’Université), j’ai survolé le tout dans le but de vous en livrer l’essentiel.
Bon, il demeure que mon essentiel n’est peut-être pas le vôtre; le cas échéant, laissez-moi vous enligner directement vers le rapport (UMoncton). Au pire aller, j’vous aurai au moins sauvé quelques clics. Je vous avertis toutefois qu’il s’agit de l’un de ces exécrables FlipBooks, qui vous donnent toute l’expérience du format papier en version électronique, alors du clic il y en aura encore pour les fous et les fins. Évitez de licher vos doigts en tournant vos pages, ça laisserait des traces sur votre écran.
Écrit sous la forme d’un suivi de la planification stratégique de l’Université de Moncton (UMoncton), le rapport annuel fait état de l’avancement des divers chantiers qui la composent. Alors, si on en faisait le tour?
1. Enseignement de qualité et expérience étudiante.
Il y a eu du progrès ici, notamment en ce qui est du recrutement (avec 2,7 millions$ offerts en bourses d’accueil sur un total de 5,7 millions$ en bourses au total – 700 000$ de plus qu’en 2013-2014) et de l’entrepreneuriat, avec la création du Programme d’aide à la réalisation d’initiatives étudiantes, un très beau projet au campus d’Edmundston (UMoncton), comme de la visibilité de l’Université.
On se rappellera la fameuse publicité parue sur la chaîne YouTube, qui a «connu un succès sans précédent avec plus de 400 000 visionnements sur Internet». Plusieurs de ces visionnements étaient sans doute liés à la controverse soulevée par les, hum, échanges linguistiques qui y sont présentés (Acadie Nouvelle), mais de la visibilité, ventrebleu, c’est de la visibilité. Et comme l’a affirmé le directeur des communications de l’Université, l’image présentée par la publicité se veut «un juste milieu entre éducation et style de vie» (RCI).
Bon, cela dit, on semble avoir laissé de côté la valorisation de l’excellence en enseignement, qui est un objectif spécifique du plan stratégique (UMoncton, p.6), du moins pour l’instant, mais 2020 c’est encore loin. En revanche, le succès du Programme d’appui à la réussite (UMoncton) a encore une fois été souligné.
2. Engagement
Plusieurs activités et initiatives de reconnaissance des réussites de la communauté universitaire figurent dans cette section. Pour ce qui est de se taper soi-même dans le dos, aucun problème – il demeure que ça publicise les réussites hors de nos murs. Plusieurs événements d’envergure ont également eu lieu sur le campus, invitant la communauté à bénéficier de son lien avec l’Université.
Les activités en études acadiennes ont été consolidées au sein de l’Institut d’études acadiennes (IÉA), ce qui répond directement à l’objectif 2.1 (UMoncton, p.8) du plan stratégique. On pourrait difficilement admettre d’être rien de moins qu’un leader dans ce domaine, disons.
En revanche, pour ce qui est de reconnaître l’engagement étudiant et de bonifier la vie étudiante… à part du Gala Bleu et Or, on cherche sans trouver. Restons-en là, j’ai déjà mon quota de plumes froissées pour quelques temps.
On pourrait d’ailleurs faire la même remarque quant à renforcer le sentiment d’appartenance et de fierté des étudiants. Mais avec l’arrivée de l’AlUMni, (ex-AAAUM) qui sait ce qui se trouve en chantier pendant qu’on jase?
3. Internationalisation
Soulignons la création d’une série d’ateliers de formation en «Introduction à la vie au Canada», qui constitue un manque comblé en ce qui concerne l’Université de Moncton (UMoncton), et qui semble porter fruit jusqu’ici. Une cinquantaine d’étudiant(e)s ont pris part à la dernière série d’ateliers. Considérons toutefois le fait que près d’un(e) étudiant(e) sur cinq à l’Université de Moncton (et plus près d’un sur quatre à Moncton même) provient de l’extérieur du Canada avant de jubiler. Mais bref, un pas en avant.
Idem pour l' «excellence dans le recrutement international», l'Université a ouvert un bureau de recrutement au Maroc (qui figure dans la section «expérience étudiante» pour une raison quelconque) et conclu plusieurs ententes de partenariat avec des universités en Europe, dans les Antilles, et en Afrique, afin d'accroître sa capacité de mobilité internationale. Ça fait un autre objectif de touché.
Un dernier objectif du plan stratégique est de «promouvoir l'intégration d'une dimension internationale dans les contenus de cours»... alors là, on repassera.
4. Recherche, développement, création et innovation (RDCI)
Le plan stratégique visant à accroître la capacité de RDCI de notre institution, plusieurs des réalisations soulignées dans le rapport annuel touchent à l'obtention de subventions, la création de chaires, les événements et concours liés à la diffusion de la recherche (tant pour les étudiant(e)s que les profs). Du côté des étudiant(e)s nous remarquons peu ou pas de nouvelles initiatives, mais surtout la poursuite de celles déjà en place depuis plusieurs années. Ça demeure d'intérêt pour l'Université, ce qui est bon signe.
Les cycles supérieurs également restent sur leur faim, il faut dire largement en raison des contraintes budgétaires actuelles qui sont peu propices à la création de nouveaux programmes dans les domaines privilégiés.
En bout de ligne, disons-le, il faut avoir les moyen de ses ambitions; et ces moyens sont de moins en moins suffisants ne serait-ce qu'à assurer l'essentiel des opérations à notre université – comme à plusieurs autres d’ailleurs.
5. Gouvernance responsable et excellence organisationnelle
L'Université a vu à améliorer sa transparence en rassemblant ses données institutionnelles (UMoncton) et financières (UMoncton) sur des pages dédiées qui, sans rien dévoiler qui était auparavant caché au public, présente l'information de manière plus conviviale.
On peut même suivre en temps réel le progrès du plan stratégique (UMoncton). C'est comme si vous étiez assis à la réunion du comité! Wow, OK, non.
Des heures et des heures de... plaisir? Mais bon, la transparence c'est aussi ça; plus on vous en dévoile et plus vous en aurez à éplucher. Sortez vos habits bruns, gang.
Il y a quand même une lacune importante, qui est l'absence d'un plan de maintien de l'infrastructure.
Mais pour ce qui est du milieu de travail sain, l'Initiative en mieux-être psychologique (IMEP) de l’Université de Moncton a été lancée en 2014, et demeure la seule du réseau provincial à s'être penchée sur l'inclusion de la communauté étudiante (en collaboration avec le CCNB) dans les plans de mieux-être.
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Il en résulte qu’au terme de l’année 2014-2015 l’Université de Moncton se tirait encore assez bien d’affaire, et sans avoir forcément touché à tous les objectifs de sa planification stratégique, affichait du progrès sur plusieurs fronts. Évidemment, beaucoup des objectifs impliquant les étudiant(e)s semblent laissés de côté, mais ce sont des domaines d’action qui nécessitent de nouveaux investissements en bien des cas. On peut certainement douter que l’enthousiasme pour les investissements change à court terme, du moins jusqu’à la tombée du prochain budget provincial, mais les rumeurs ne sont pas très encourageantes pour l’instant.
Nous sommes probablement plus près de voir une restructuration en profondeur des universités publiques que de nouveaux investissements envers ces dernières.
Mais bon, on a traversé d’autres tempêtes, et des pires; il faut rester ouverts au changement, j’imagine, et se préparer à consentir à certains sacrifices. Tant qu’on sacrifiera ensemble et dans une mesure égale, l’université – en tant qu’institution – parviendra à éviter les écueils.
Mais ça pourrait zigzaguer fort entre-temps pour maintenir le cap sur 2020; espérons que vous avez l’estomac solide!




