
par Sarah Anne Grandisson, responsable du projet « Non c'est non » pour la FÉÉCUM
Le consentement est un mot d’apparence simple, utilisé fréquemment et qui, récemment, fait partie de nombreux débats dans notre société. Malgré cela, il est plutôt difficile de trouver une définition claire et universelle à son égard, ce qui comme vous le constaterez pose souvent problème. Le Petit Larousse définit le consentement comme l’ « action de donner son accord à une action, à un projet ». En nous fiant seulement à cette définition on pourrait croire qu’un « oui » ou un hochement de tête suffit à consentir à une relation sexuelle. Évidemment, c’est bien plus compliqué que cela.
Tout d’abord, le consentement n’est jamais un acte solitaire; il implique, d’une part, la personne qui consent et, de l’autre, celle à qui on consent. Premièrement, celle qui consent doit être pleinement consciente de ce à quoi elle consent. Une personne qui est sous l’influence d’une substance, par exemple l’alcool, éprouve une absence au moins partielle de conscience; en ces circonstances, le consentement ne pourrait avoir lieu, n’est-ce pas ? Le oui et le non n’ont donc pas la même valeur dans toutes les situations; si la capacité de jugement d’une personne est affectée, donner son consentement en pleine connaissance de cause devient difficile. Également, il va de soi qu’une personne inconsciente ne peut accorder son consentement, même si elle aurait consenti à une relation plus tôt : le simple oui du début n’est pas suffisant puisque le consentement peut être retiré à tout moment et que la personne inconsciente n’en a plus la capacité.
Afin d’avoir un consentement éclairé, la personne qui consent doit avoir toute les informations pour répondre par l’affirmative à un acte sexuel. Ce qui signifie qu’il est possible de consentir au départ à des caresses, mais pas nécessairement à un acte sexuel complet. Si la demande du début n’était pas claire ou n’était pas ce à quoi la personne s’attendait, son consentement peut être entièrement retiré à n’importe quel moment, que ce soit immédiatement ou dans une semaine.
La personne à qui on consent doit aussi connaître les limites du consentement. Il lui faut connaître les droits de son partenaire et aussi respecter sa décision. Dans le cas contraire, on se retrouve dans une situation d’agression. En 2015, tout le monde devrait savoir ce qu’est le consentement, et il est de notre devoir à tous de dénoncer ces situations d’injustices. Car demeurer silencieux si on est témoins de telles horreurs, c’est y donner tacitement notre accord. Nous devons nous donner l’objectif d’arrêter d’être des témoins silencieux, car ce n’est qu’en se levant et en criant haut et fort que c’est inacceptable qu’on remédiera à la problématique des agressions sexuelles.
En ce mois de septembre, la FÉÉCUM lance sa nouvelle campagne sur le consentement sexuel. Intitulée « Non c’est non ! », cette dernière inclura conférences, cours d’autodéfense, articles promotionnels et bien d’autres choses encore tout au long de cette année universitaire. C’est pourquoi je vous invite à demeurer à l’affut de nos prochains évènements.
Sur ce, étudiants et étudiantes, vous avez mon consentement complet; vous pouvez quitter ce blogue pour la journée, mais seulement si vous aussi vous y consentez, évidemment.




