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Non c'est non

Détails
15 Mai 2015
noncnon

par Sarah Anne Grandisson, responsable du projet « Non c'est non » pour la FÉÉCUM

Récemment sur les médias sociaux, plusieurs nouvelles campagnes de sensibilisation se sont développées en ce qui concerne l’agression et le harcèlement sexuel. On pense par exemple à la campagne (#BeenRapedNeverReported) sur Twitter ou, plus près de nous, aux nouvelles affiches du gouvernement qui font appel à la communauté pour aider les victimes de violence conjugale (GNB). Ces initiatives exposent au public les dures réalités des victimes d’agression sexuelles, mais l’on semble encore confronté à une réalité qui cherche à réparer des dommages, plûtot que remédier à la source du problème.

Les campagnes attirent l’attention sur un problème important, mais on se demande si elles atteignent réellement leur objectif. D’abord, il semble que plusieurs ne s’adressent pas à tout le monde, en adoptant un point de vue qui pourrait être stigmatisant. Ensuite, on priorise une approche qui enseigne aux victimes les moyens ne pas se faire agresser au lieu d’éduquer la population en lui montrant qu’une agression est un crime, peu importe le degré. Tout le monde est à risque d’être une victime et tout le monde peut devenir un agresseur : c’est pourquoi il importe de monter une campagne qui saura conscientiser la population entière.

Et c’est pourquoi la FÉÉCUM développe à son tour sa campagne sur le consentement sexuel. En parlant de consentement, on fait appel à toute la communauté. Nous sommes tous témoins - et malheureusement, parfois complices - de ce qui arrive dans notre société, ce qui inclut les agressions sexuelles. Si l’on se voit confronté à une situation qui implique une personne non-consentante, il faut parler et intervenir.

Nombreux sont ceux qui pensent savoir ce que signifie le consentement, mais sans saisir tous les concepts qui entourent la notion de consentement. Par exemple, je suis persuadée que nous avons tous à un moment ou un autre tenté de séduire une personne qui était sous l’influence d’une substance (comme l'alcool).  C’est une situation commune qui ne semble pas être si grave à première vue. Mais ce qu’il faut savoir, c’est qu’une personne sous l’influence ne peut JAMAIS donner son consentement. Vous allez me dire « Évidemment, c’est logique nous le savions déjà voyons… » Eh bien, sachez que 20 % des canadiens entre 18 et 34 ans croient encore qu’une victime d’agression sexuelle, alors qu’elle est sous l’influence d’une substance, est responsable de l’agression qu’elle subit. (Fondation Canadienne des Femmes)

La meilleure façon d’expliquer ce qu’est le consentement est de l’appliquer à une tasse de thé (GOOD). Vous pouvez demander à quelqu’un si vous pouvez lui préparer une tasse de thé et cela à n’importe quel moment. Si votre offre est refusée, il serait impoli, voire barbare que vous tentiez de la forcer à boire le breuvage. Et de même, ce n’est pas parce qu’une personne aime le thé qu’elle voudra nécessairement en boire à tous les jours, ou avec n’importe qui. Si la personne semble indécise, alors vous pouvez lui préparer une tasse, mais ça ne vous accorde pas le pouvoir de la lui faire boire. Si elle y goûte et qu’elle n’a soudainement plus envie de boire elle reposera la tasse. Bien sûr, il est possible de s’impatienter et de lui faire des menaces du genre : « Si tu ne termines pas ta tasse, tu n’auras pas droit de sortir ». Mais, est-ce que la personne a réellement un choix dans tout cela? Peut-elle même apprécier ce breuvage ? Un oui forcé n’est pas un oui, et dans l’absence d’un oui, c’est non. Le consentement, c’est la même chose, il n’est jamais trop tard pour le reprendre.

En ce mois de la sensibilisation aux agressions sexuelles la FÉÉCUM en profite pour vous annoncer qu’une campagne sur le consentement débutera en septembre 2015. La FÉÉCUM rejoindra alors les autres associations étudiantes canadiennes qui ont, elles aussi, mis sur pied de telles initiatives.  Cette campagne aura comme objectif de promouvoir des relations sexuelles saines, exposant ainsi l’importance du oui lors de relations.  En coopération avec divers conseils et organisations, plusieurs activités et formations seront mises sur pied pour les étudiant.e.s qui veulent en apprendre davantage sur le sujet. Une chose est sûre, que vous le vouliez ou non la notion du consentement nous concerne tous et se l’approprier est un devoir de citoyen.

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