
par Samuele Acca, Vice-président exécutif de la FÉÉCUM
Avec son premier budget, le gouvernement Gallant se dévoile finalement. Coloré de la mode du moment, sous des teintes d’austérité, ce budget est truffé de coupures que personne n’attendait, que personne n’avait prévu et encore moins demandé. Tout était sur la table, et pourtant on en sort affamés.
Peu importe l’âge, le sexe, la profession, le lieu de naissance, ce budget nous affecte tous. Ces coupures frappent démesurément un pilier important de la culture et de la société acadienne, soit le système d’éducation. Celles et ceux qui ont à cœur leur propre culture ne peuvent rester indifférents face à une telle attaque. Que ce soit vous-même, vos enfants ou vos petits-enfants qui soient affectés importe peu; l’éducation est un enjeu de société. 249 postes d’enseignants seront définitivement abolis, et on laisse entendre d’autres coupures sont à prévoir dès l’an prochain. Si vous connaissez la charge de travail actuelle de nos enseignant(e)s, difficile de croire que la classe entière ne va pas en ressentir les contrecoups. Des pères et des mères de familles se retrouveront sans travail et de nouveaux diplômés de l’Université de Moncton vont migrer ailleurs, non par curiosité, non par choix, mais par nécessité. Sans mentionner que les citoyens auront subventionné une génération d’enseignant(e)s pour le reste du pays.
Au niveau postsecondaire, on annonce un gel des droits de scolarité. On serait tentés de célébrer, mais voilà qu’on apprend que ce gel n’est pas financé, que l’université n’avait reçu aucun avertissement, et que le manque à gagner de 4 millions$ déjà prévu à l’Université de Moncton pourrait s’aggraver. L’Université a deux principales sources de financement : les subventions et les droits de scolarité – et les deux sont gelées. Les poches resteront les mêmes, mais les mains viendront d’ailleurs.
L’éducation, le poumon, l’oxygène et la base de l’Acadie et des Acadiens aura-t-il encore demain les moyens de remplir sa mission identitaire? Sa mission d’inclusion? Sa mission d’accessibilité? La pilule ne passe pas mieux du côté anglophone non plus, qui fera également les frais des coupes prévues. C’est un système entier qui est en situation de crise.
Bien que l’équilibre budgétaire et la diminution de la dette puissent sembler des arguments valables, ils ne règleront pas tous les problèmes. La traversée du désert de l’éducation comblera peut-être une part du déficit provincial, mais elle poussera aussi bon nombre d’Acadien(ne)s et de Néo-Brunswickois(e)s vers d’autres lieux, le tout aux frais de la province. Nous ne sortirons pas le Nouveau-Brunswick de sa spirale de misère en sabrant dans l’éducation, qui est le premier moyen d’assurer l’amélioration du niveau de vie dans toute société. C’est d’ailleurs le seul sur lequel le gouvernement puisse prétendre exercer un contrôle. On s’imagine tristement un avenir où notre province donnera non seulement ses ressources, mais aussi ses gens à perte. Nous ne voulons pas de cet avenir, d’un avenir ailleurs : nous voulons un avenir ici au sein d’une communauté forte.
Ceci est donc un appel de la FÉÉCUM à la communauté acadienne, un appel à tous ceux qui sentent que notre culture et notre province est menacée. L’union fait la force, aujourd’hui plus que jamais, parce que chaque dollar coupé aujourd’hui se répercute à l’infini si le gouvernement ne se soucie pas des conséquences de ses décisions. Ce gouvernement est VOTRE gouvernement – s’il veut parler en votre nom il faudra qu’il vous entende!
Le mouvement débute ce samedi, en marge de la réunion du Conseil des Gouverneurs à l’Université de Moncton : on vous tend la main.




