
par Raymond Blanchard, agent de recherche et projets
Les étudiantes et étudiants du programme de dentisterie de l’Université Dalhousie ont signé une lettre ouverte dans laquelle est exprimé, d’une part, le point de vue des étudiants qui se disent désolés de leurs actions et prêts à suivre jusqu’au bout le processus de justice réparatrice (même si le moment des excuses n’est pas encore venu et attendra qu’ils aient saisi entièrement l’ampleur des torts causés), et d’autre part, les étudiantes qui ont tenu à affirmer leur soutien au processus, et à leur volonté à le suivre également jusqu’à sa conclusion sans s’y sentir forcées par l’Université comme certaines l’ont laissé entendre (Radio-Canada).
Par ailleurs, des étudiant(e)s ont reconnu que l’attention redoublée du public et des médias a causé du tort à l’École de dentisterie (CBC).
En Ontario, les chargés de cours, assistants de recherche et étudiant(e)s des cycles supérieurs de l’Université York et de l’Université de Toronto ont déclaré une grève (CBC). Membres de la section locale CUPE 2902, ils ont refusé la dernière offre de leurs institutions en se disant insatisfaits des conditions proposées notamment en fait de compensation et de sécurité d’emploi. Les cours ne sont pas interrompus mais certaines composantes comme les laboratoires et les groupes de discussion, par exemple, ne peuvent avoir lieu comme prévu (CBC).
Par ailleurs, une journée de grève a paralysé l’Université du Nord de la Colombie-Britannique, cette fois par le corps professoral, pour dénoncer les conditions salariales proposées par l’Université, avec qui le syndicat est en négociations depuis maintenant 10 mois pour la rédaction d’un nouveau contrat de travail (CBC).
Un article du Globe & Mail tente de faire le lien entre la recrudescence des grèves du corps professoral et le coût des professeurs détenteurs d’une permanence pour les universités (Globe & Mail), qui ne peuvent plus se permettre de payer des professeurs qui passent plus d’un tiers de leur temps hors de la salle de classe à des fins de recherche.
Une autre ronde de coupures semble se préparer pour les universités de l’Alberta qui, face à un déclin catastrophique de ses revenus pétroliers, dit que les répercussions de cette baisse se fera sentir par les étudiant(e)s (Globe & Mail). On s’attend à une nouvelle hausse des droits de scolarité dans la province, qui affiche le taux de participation postsecondaire le plus bas au pays.
Aux Etats-Unis, l’Université de la Pennsylvanie est secouée par 6 suicides au cours des derniers mois, ce qui pousse l’institution à poser un regard critique sur la culture qui y prévaut – celle de la «Penn Face», c’est-à-dire de celle qui ne trahit pas les difficultés ou les problèmes, qui fait semblant que tout va bien pour propager l’idéal de l’excellence – et qui est une source de stress et d’anxiété pour de nombreux étudiants, qui ne se sentent pas à la hauteur ou qui ont de la difficulté à suivre le rythme qu’ils s’imposent pour atteindre l’idéal qu’ils s’imaginent comme la norme au sein de l’élite de Penn State (Chronicle of Higher Education).
Nul doute que les leçons de Penn State seront utiles à d’autres, en espérant que des circonstances aussi tragiques ne soient pas nécessaires pour lancer une réflexion que tous les campus universitaires devraient avoir.




