
par Raymond Blanchard, agent de recherche et projets
Le retour en classe s’accompagne d’une nouvelle manche dans le scandale qui se poursuit à l’Université Dalhousie. En raison de propos misogynes et brutaux formulés par un groupe d’étudiants en dentisterie sur une page Facebook, l’Université a choisi de suspendre ces derniers des activités cliniques (Radio-Canada). Cela signifie déjà que leur graduation (car il s’agit de finissants) est compromise, mais maintenant l’association des dentistes de l’Ontario demande à ce que les noms des étudiants suspendus soient dévoilés (CBC), ce qui pourrait signifier leur radiation de la profession. De surcroît, les étudiantes visées par les commentaires des étudiants suspendus se plaignent de la lenteur du processus de réparation, tout en disant subir de la pression venant de l’Université pour ne pas déposer de plaintes formelles envers leurs collègues (CBC). Ce sont d’ailleurs quatre professeurs qui ont soumis la seule plainte officielle dans ce dossier (Radio-Canada), le 22 décembre dernier.
Ailleurs dans la région d’Halifax, un chargé de cours à l’Université Mount Saint Vincent a démissionné après avoir admis avoir eu des relations sexuelles (consensuelles) avec une étudiante, âgée de 38 ans, à deux reprises à l’automne 2014 (Radio-Canada).
À Saint-Jean cette fois, un professeur de UNB est visé par une plainte en raison de propos prétendument racistes sur l’impact du multiculturalisme (et particulièrement de l’afflux massif et rapide d’immigrants asiatiques dans la région de Vancouver) sur la culture canadienne, définie comme l’héritage européen et surtout britannique du Canada (Radio-Canada). UNB défend le droit du professeur Ricardo Duchesne de formuler les propos qui ont soulevé la controverse, au nom de la liberté académique. L’auteur de la plainte, un conseiller de la ville de Vancouver, Kerry Jang, soutient au contraire que le prof Duchesne utilise son statut académique pour légitimer et propager ses vues racistes sur l’immigration.
Du côté de UNB Fredericton, une série de lettres échangées entre le recteur Eddy Campbell et le corps professoral révèle des tensions encore bien vivantes, plusieurs mois après une sortie de grève qui s’est suivie d’une série de votes de non-confiance envers l’administration de l’institution (Brunswickan). Ce qui se voulait (vraisemblablement) à l’origine un témoignage de bonne foi du recteur s’est vite transformé en un cas classique de «trop peu, trop tard» dans des échanges publics avec le syndicat des professeurs.
Juste à côté, l’Université Saint-Thomas (STU) projette de transformer la chapelle du campus en espace commun. Selon les dires de la rectrice Dawn Arnold, une faible minorité d’étudiant(e)s utilisent la chapelle comme lieu de culte (CBC). Des membres de la communauté, réunis dans un comité, se sont prononcés sous le voile de l’anonymat pour dire que cette décision remet en question les priorités de l’institution (CBC). STU possède et opère une seconde chapelle près du campus pour accommoder ses étudiant(e)s.
Et ce n’est pas la meilleure des semaines à STU, car le personnel non-académique a tenu un vote de grève mercredi (Aquinian). Une «forte majorité» a opté pour l’option de grève, motivée notamment par des soucis au niveau de la sécurité d’emploi et des pratiques de congédiement.
Le Barreau du Nouveau-Brunswick s’apprête à tenir un vote secret pour révoquer l’approbation donnée à l’accréditation de l’École de Droit de l’Université Trinity Western (pour l’histoire, voir FÉÉCUM). D’abord approuvée par un vote officiel, la décision fut massivement rejetée par un vote des membres à l’assemblée générale, ce qui provoque la tenue d’un nouveau vote ce vendredi (Radio-Canada : canada.ca/regions/colombie-britannique/2015/01/08/007-trinity-western-etudiants-droit-nouveau-brunswick.shtml). On devine que la décision sera peut-être définitive, un moment donné. Trinity Western a fait directement appel au Barreau pour qu’il approuve ses diplômé(e)s (Telegraph-Journal), et on sait que l’Université planifie de contester en cour tout vote en sens contraire, partout au pays.
Enfin, des membres de la communauté musulmane des Maritimes se sont prononcés sur l’attentat du Charlie Hebdo à Paris (Radio-Canada [dossier de presse]). Rappelant le message de tolérance et d’amour que professe la foi musulmane, les intervenants se sont dit révoltés par la fusillade du 7 janvier, qui a fait 12 morts (Radio-Canada). Tristement, ces événements peuvent être nuisibles pour la communauté musulmane, qui est parfois visée par des actes isolés, comme du vandalisme contre les mosquées, des insultes dans la rue, etc. L’un des intervenants dit, tristement, s’attendre à voir des actes de représailles.
Que vous soyez confus ou simplement curieux, un texte très pertinent sur la confusion fréquente entre Islam et islamisme, ainsi que musulman et islamique, peut être consulté ici (HuffPost).
Et sur ce, bonne fin de semaine!




