
par Raymond Blanchard, agent de recherche et projets
Bienvenue à ce semestre d’hiver!
Si vous suivez le blogue, vous avez peut-être remarqué ces dernières semaines l’absence de la revue hebdomadaire de l’actualité qui paraît généralement le vendredi. La raison en est fort simple : il ne se passe pas grand chose en décembre. Cependant, près de la fin des examens, il y a eu comme une volée de nouvelles lancées dans le vacuum d’intérêt général qui précède le congé de Noël. Ce serait normalement un excellent temps pour passer inaperçu si, disons, il n’y avait pas d’illuminés de mon espèce pour passer l’actualité en reprise.
Vous savez, quand les gens sont à nouveau susceptibles d’y porter attention. Donc :
1er au 7 décembre :
Les droits de scolarité pour les étudiants internationaux ont augmenté de 7,9% à Mount Allison (Argosy). Cette hausse de 1206$ porte la note de ces étudiants au double de ce que doivent payer les étudiants canadiens… plus 1500$. Les étudiants déjà présents à Mount Allison disent avoir les mains liées : ils se sont enrôlés dans un programme d’étude de 4 ans et devront vivre avec la hausse peu importe son montant : pour ces raisons, la hausse aurait suscité peu de réactions sur le campus.
À UNB, la diminution des inscriptions pourrait se traduire par une hausse des frais étudiants (The Brunswickan) afin de permettre au syndicat étudiant (UNBSU) de continuer de fournir les mêmes services. Greg Bailey, président de UNBSU, dit avoir sonné l’alarme auprès du Conseil l’année dernière, mais que personne ne voulait discuter d’une hausse des frais : il est maintenant question de couper des services pour maintenir le frais à son niveau actuel de 123$ (CESPM), ou de procéder à une augmentation en 2015-2016.
À l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)=, L’association étudiante a réussi à faire reculer l’administration sur sa décision d’imposer des frais de 20$ par crédit de stage (Hebdo-Journal). Des professeurs et chargés de cours avaient appuyé l’initiative des 17 associations étudiantes départementales qui ont soumis des lettres de mécontentement à l’administration.
8 au 14 décembre :
Chez nous, on apprend que l’Université de Moncton est «en alerte» face à la baisse des inscriptions (Radio-Canada), après que la FÉÉCUM ait forcé la main à l’administration en publiant (en partie) un document interne faisant état de la piètre performance de l’UdeM au chapitre du recrutement et surtout, des prévisions des tendances dans ce domaine face à la compétition accrue des autres universités canadiennes. Il n’est plus temps, d’après la FÉÉCUM, de faire l’autruche en disant que tout va bien face à la situation actuelle, car ce n’est pas avec cette attitude –si «stratégique» soit-elle – que les choses vont changer (FÉÉCUM).
Du même souffle, on a sommé le recteur Raymond Théberge de donner un coup de barre afin de pointer l’UdeM dans la bonne direction (FÉÉCUM). Le capitaine ne peut faire bouger à lui seul un navire de cette taille, mais il faut quand même que l’ordre provienne de quelque part; et il ne partira jamais de la salle des machines.
15 au 21 décembre :
Une affaire de propos sexistes à l’Université Dalhousie a fait les manchettes (Radio-Canada), alors qu’un groupe Facebook crée par les finissants de l’École de dentisterie fut animé par des propos à l’égard de laquelle de leur collègues les «boys» voudraient «hate-fuck»er…
Le classe, quoi. L’Université a réagi à la situation en s’en remettant aux processus internes de réparation – ce qui écarte la possibilité d’accusations criminelles – ce qui n’a pas plus à toutes les personnes affectées par les propos misogynes du groupe Facebook (Radio-Canada). Les examens de fin de session en dentisterie ont été repoussés en janvier en raison du stress causé aux finissant(e)s.
Et puis le recteur Théberge est sorti dans les médias pour répondre aux critiques de la semaine précédente. Il a expliqué que la situation financière de l’Université d’Ottawa, en outre, lui permet des choix qui sont impossibles à Moncton pour contrer la baisse des inscriptions (Radio-Canada). De même, il a voulu répondre à la sorti conjointe de l’ABPPUM et de la FÉÉCUM qui a exigé de l’administration qu’elle se regarde elle-même avant d’imposer des coupures ailleurs sur le campus, qui affecteront la qualité de l’éducation (FÉÉCUM).
M. Théberge a dit qu’il venait de demander aux gestionnaires des budgets universitaires de «se serrer la ceinture» (Radio-Canada). De même, dans un effort de transparence, il a dit à l’émission Le Réveil que les données financières de l’Université seront dévoilées sur le web au cours du mois de janvier.
À l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), la violence sexuelle est à l’ordre du jour dans la foulée du scandale Jian Ghomeshi, le populaire animateur de la CBC poursuivi en justice par d’ex-partenaires pour voies de fait (Le Devoir). Plusieurs allégations d’agressions sexuelles ont été faites à l’égard de membres du corps professoral suite à la levée des cours, fin décembre, auxquelles l’administration a réagi en qualifiant de «gestes inacceptables» certains des actes dénoncés par des étudiant(e)s pour la plupart.
Et surprise à l’Université Laval : les hauts-administrateurs de l’institution (recteur, vice-recteurs, vice-recteurs adjoints et secrétaire générale) ont demandé une baisse de salaire (Le Soleil)! Face à une situation financière difficile, c’est un bel exemple de leadership et –chose plus rare- de solidarité venant de l’administration. Ne dit-on pas que charité bien ordonnée commence par soi-même? Cela dit, le même article rappelle que ces mêmes hauts dirigeants ont récemment bonifié leurs conditions d’après-mandat…
Alors voilà, mieux vaut tard que jamais : les choses reprennent leurs cours habituel à partir de cette semaine. Es espérant que l’actualité dégèle un petit brin!




