
par Raymond Blanchard, agent de recherche et projets
La fin de l’année approchant à grands pas, l’heure est aux bilans. Je propose donc de faire le tour des blogues de 2014, histoire de voir quels sont les problèmes que la FÉÉCUM a soulignés à l’administration, et quelles actions (si action il y a eu, s’entend) ont été prises pour remédier à la situation. On pourrait procéder mois par mois, mais ça pourrait faire un peu long et il y aurait sans doute des redondances, alors je propose qu’on y aille plutôt dossier par dossier.
1. L’évaluation des professeurs
(janvier, juillet)
On a souligné, à la fin de la session d’hiver, le manque de transparence de l’Université quant aux résultats de l’évaluation. Même si l’exercice est IMPOSÉ aux étudiant(e)s, on leur refuse l’accès aux résultats, sous quelque forme que ce soit. Présentement, on verse ces résultats aux dossiers des profs pratiquement sans les regarder. Plusieurs universités au Canada font de l’évaluation des profs un exercice public, certaines sur une base volontaire (c’est-à-dire pour les profs qui acceptent), d’autres sur une base générale.
On questionne même le sérieux de l’Université quant au processus, et on se demande quelles craintes motivent l’embargo sur les résultats du côté de l’ABPPUM. On a quoi à cacher, au final?
Puis en juillet, le dossier du professeur Jean-François Caron a bien sûr retenu notre attention. Ce fut un autre cas douteux d’évaluation des professeurs, mais cette fois du côté de l’administration. Des allégations d’abus de pouvoir et d’intimidation ont visé les membres du comité évaluateur, qui ont livré un verdict d’enseignement «non-satisfaisant» envers un prof dont les évaluations (celles des étudiants) étaient pourtant positives. On apprenait récemment, d’ailleurs, que son cas traîne encore (Twitter).
Ce qui fait qu’on se demande toujours, dans le fond, à quoi ça sert, l’évaluation de professeurs? Qu’est-ce que ça donne aux étudiant(e)s? Est-elle prise au sérieux?
La FÉÉCUM n’a pas fait de demande officielle à l’Université dans ce dossier, mais clairement, il serait temps que les choses bougent. Est-ce que ce sera le dossier de 2015?
2. L’ombudsman, la transparence et l’imputabilité
(janvier, mars, mai, juin et aussi, novembre)
Ce fut sans contredit le dossier de l’année à la FÉÉCUM. Les demandes répétées (conjointement avec l’ABPPUM) pour la création d’un poste d’ombudsman à l’Université de Moncton n’ont toujours pas réussi à faire bouger les choses.
Le recteur a, dès le début de son mandat et à maintes reprises depuis, signifié l’importance d’œuvrer envers une plus grande transparence de notre institution, envers plus d’imputabilité. Il disait même en juin 2013 que «d’ici quelques mois [il serait] en mesure d’annoncer des actions concrètes suite à un processus de consultation auprès des diverses composantes de l’Université» (UdeM).
Et nous voilà en décembre 2014…
Quand on pense aux scandales de la fin de mandat d’Yvon Fontaine, aux abus de pouvoir de l’ancien président du CGV André Richard, aux propos dérogatoires de certains gouverneurs à l’égard du président de la FÉÉCUM, aux frais d’avocat déboursés par l’Université, aux accusations portées par Serge Rousselle et Jean-François Caron… l’institution se doit d’agir et d’agir décisivement, sans équivoque. Non pas pour restaurer le silence et protéger l’impunité – comme certains le voudraient à n’en pas douter – mais pour moderniser l’Université et la rendre plus ouverte, plus saine.
La FÉÉCUM a spécifiquement exigé de l’administration : « La création d’un poste d’ombudsman qui puisse mettre un frein à l’emprise de l’intimidation sur les membres de la communauté universitaire; des procès-verbaux plus détaillés du Conseil des Gouverneurs et de ses sous-comités, idéalement même la diffusion des réunions du CGV; et un accès plus rapide aux chiffres qui alimentent leur travail en levant le sceau de confidentialité qui les garde cachés quand on les a le plus besoin. »
De tout cela, rien n’a encore été accompli par l’Université, malgré toutes les bonnes intentions que l’on a pu manifester envers la transparence et l’imputabilité. On en a véritablement marre des mots, si jolis et encourageants soient-ils. Cela dit, deux événements encourageants se sont produits en toute fin de session : l’Université va dévoiler volontairement ses données financières sur le web au cours du mois de janvier (Le Réveil [à 7h36]), ce qui est un rare cas de divulgation proactive, et le recteur a renoué avec ses «habitudes» de blogueur (que nous avons applaudies à l’époque) à la fin de la session, se donnant la résolution de produire un billet par mois en 2015 (UdeM). Peut-être que tout espoir n’est pas perdu.
3. La hausse des droits de scolarité… et la baisse des inscriptions
(février et aussi, avril et aussi, septembre)
Suite au dépôt du budget de l’université, la FÉÉCUM a invité le recteur et le président du CGV à s’adresser aux étudiant(e)s. Le recteur s’est alors «engagé à approfondir une stratégie commune avec le leadership étudiant pour revendiquer des changements au système d'éducation postsecondaire de la province» et a lancé un «cri d'alerte à la société acadienne, un appel à se réveiller, car l'avenir et la santé économique de la province passera nécessairement par l'éducation».
On attend encore, même après avoir exprimé à plusieurs reprises notre désir de partenariat en la matière. Même l’ABPPUM est prête à sortir à nos côtés pour lancer le message au gouvernement (FÉÉCUM)…
Apprenant l’augmentation des droits de scolarité de 150$ pour les étudiants canadiens et de 1000$ pour les étudiants internationaux, en février, l’AÉÉIUM et la FÉÉCUM demandent au recteur de promettre qu’il n’y aura pas d’augmentation l’an prochain, et de reconnaître publiquement que de telles hausses sont inacceptables. On a besoin de garanties que de telles hausses (1000$ !) ne vont pas se produire à nouveau, en l’absence de règlementation provinciale.
Questionnée sur l’impact de la hausse imposée aux étudiants internationaux, Marie-Linda Lord a dit ne pas s’inquiéter de l’impact sur le recrutement, pas plus que de celui de la manifestation qui a suivi l’adoption du budget. L’importante baisse des inscriptions à l’automne 2015 lui a donné tort. Et comment (FÉÉCUM)!
Chose sûre, l’Université peine à mettre de l’ordre dans ses finances, que ce soit une question de gestion ou de sous-financement. On ne peut le savoir, d’ailleurs, tant que l’Université n’est pas prête à mettre ses culottes et sortir publiquement pour dénoncer l’état actuel des choses, pour exiger l’action du gouvernement (FÉÉCUM). La FÉÉCUM et l’ABPPUM sont prêtes à l’action et l’attendent. Nous avons d’ailleurs effectué une sortie conjointe pour demander de l’Université qu’elle procède à un examen indépendant de ses infrastructures administratives dans une perspective d’efficience, notamment en considérant le nombre inhabituellement élevé de vice-rectorats pour une institution de si petite taille (FÉÉCUM). L’UdeM a déjà répondu défavorablement, citant les processus internes à cet effet (Radio-Canada : Radio-Canada). La seule certitude est qu’il faut stopper la hausse : ce n’est pas en diluant la qualité de l’enseignement et en augmentant le coût d’admission qu’on va changer le cours des choses, et l’Université se dirige droit vers le mur.
4. La qualité de l’enseignement
(février, mars, novembre, décembre).
L’ABPPUM et la FÉÉCUM ont dénoncé publiquement les conclusions d’un rapport d’un comité du Sénat académique recommandant l’abolition d’un nombre de programmes, disant en outre que la qualité de l’éducation en souffrira. La mission de l’institution exige leur maintien, en somme. Le rapport, commandé par le Sénat académique, a été jugé non-recevable par ce dernier et ramasse de la poussière.
Donc, victoire par défaut dans ce dossier, du moins pour l’instant.
Plus tard, suite aux événements douteux qui ont mené au départ du professeur Jean-François Caron, la FÉÉCUM questionne le processus d’évaluation et l’impartialité des examinateurs. L’Université a laissé partir un prof apprécié des étudiant(e)s, que plusieurs voyaient comme un candidat idéal pour un poste permanent. Le cas de Reuben Sandapen (UdeM), même s’il n’a pas fait la manchette, peut être cité comme un autre exemple du manque de raisonnement de l’UdeM en fait de qualité de l’enseignement. Il semble bien qu’on soit en phase de perdre un autre excellent candidat à la permanence.
On a demandé d’enquêter sur les conclusions du rapport dans le cas du prof Caron, ce qui n’a pas été fait. La FÉÉCUM a aussi appuyé la (énième) demande de permanence du Dr Sandapen, sans résultats.
Puis est venue l’annonce du gel de l’embauche, faite à un moment pour le moins suspicieux. L’Université assure que cette mesure ne va pas affecter la qualité de l’enseignement. On devine qu’elle croit que ça n’aura pas d’incidence négative sur l’enrôlement non plus… Le nez dans les colonnes, on en vient à oublier le campus.
Le pire est que l’Université nous annonce ceci immédiatement après l’embauche d’un nouveau cadre… Je dis bien «embauche» et pas remplacement. Pour ajouter l’insulte à l’injure c’est ce même cadre, Marc Angers, qui fait l’annonce. De l’avis de la FÉÉCUM, et dans les circonstances actuelles – à savoir la négociation d’une nouvelle convention collective avec l’ABPPUM – on doute fort que le gel n’ait d’effet négatif sur la qualité de l’enseignement.
La FÉÉCUM appuiera d’ailleurs les revendications des profs au cours des négociations qui se poursuivent (FÉÉCUM).
5. Le Centre (et les droits) étudiant(s)
(mars)
On en a moins parlé que l’an dernier, mais ce dossier demeure important à la FÉÉCUM. L’exécutif 2013-2014 avait demandé le remboursement de la contribution étudiante pour la construction de l’édifice actuel, vous le devinez, sans réponse de l’administration (Le Front). À l’époque on a même mis la clé du Centre étudiant en vente sur Kijiji (Radio-Canada) pour récupérer ces fonds! De même, la FÉÉCUM a milité pour plus de liberté d’action dans ce qui se veulent des espaces étudiants : on a d’ailleurs vu la réouverture (et la rénovation) du Coude en espace de type café-bar au terme de négociations avec l’Administration.
Pour ce qui est de la suite des choses, deux options sont présentement à l’étude : 1) la construction d’un nouvel espace pleinement – et réellement – étudiant, avec une entente en bonne et due forme question d’y garantir vos droits; et 2) la rénovation du Centre étudiant actuel et la négociation d’une entente de location qui nous donne les droits d’usage sur les espaces.
Les choses bougent lentement dans ce dossier, mais d’emblée on peut vous dire que des estimés ont été faits pour ces deux projets, alors du côté matériel ça avance. Toutefois pour ce qui est des droits étudiants sur les espaces, le progrès est tout sauf fulgurant. Disons quand même qu’il y a eu une certaine ouverture de l’administration de ce côté, et qu’on a pas l’impression qu’on travaille en vain, seulement qu’on travaille jamais assez vite à notre goût!
Et voilà pour la revue 2014!
Alors on vous souhaite une excellente fin de session, et on en profite déjà pour vous souhaiter des résultats à la hauteur de votre acharnement.
Bon congé des Fêtes; reposez-vous bien, on reprend le combat en janvier!




