
Vendredi dernier, Dominic Cardy, chef du Nouveau Parti Démocratique, répondait à l'invitation faite par la FÉÉCUM à chacun des partis majeurs, pour un entretien d'une heure avec des leaders étudiants, soit les membres du Comité exécutif de la Fédération et plusieurs membres de son Conseil d'administration. Pendant la discussion franche sur les enjeux qui touchent les étudiant.e.s au Nouveau-Brunswick, le chef NPD a, sans équivoque, pris l'engagement de se faire la voix des étudiant.e.s postsecondaires à l'Assemblée législative, et ce, quelle position qu'il occupe.
M. Cardy s'est en fait engagé à communiquer avec la FÉÉCUM pour discuter des priorités en termes d'éducation postsecondaire avant chaque session de l'Assemblée, et chercher conseil auprès du mouvement étudiant, advenant son élection ce soir. Il dit compter sur les expertises des gens dans chaque milieu pour façonner les politiques promues par son parti. Quand demandé si ces rencontres se feraient avec un.e représentant.e sans vrai pouvoir (comme un.e sous-ministre), M. Cardy a répondu : « Non, ce serait avec moi-même. Il y aura un Ministre de l'Éducation [le NPD combinerait les deux ministères] qui fera le travail, mais le but des rencontres avec moi, est de prendre votre avis sur si ça marche, quels sont les défis [...] et d'avoir une 'report card' sur le travail du ministre. »
Le NPD est un parti qui n’a jamais été au pouvoir au Nouveau-Brunswick. Toutefois, même s’il n’entre pas au pouvoir cette fois-ci, il reste la possibilité qu'un gouvernement minoritaire aille chercher coalition avec des membres du NPD qui accéderaient à l'Assemblée, une position que pourrait donner au parti du pouvoir qu'il ne possédait pas avant. Le mouvement étudiant (entre autres, M. Cardy a fait des engagements semblables à d'autres groupes, comme l'association des municipalités) serait alors dans une meilleure position qu'aujourd'hui.
Pour plusieurs des leaders étudiants présents à la rencontre, il s'agissait là d'un exercice rafraichissant, où un homme politique a discuté des enjeux de façon honnête et sincère, donnant même un aperçu dans les réalités politiques de la province. M. Cardy leur a semblé une personne intelligente et informée, avec leurs enjeux à cœur et une compréhension de la vue globale des problèmes démographiques de la province et le rôle que l'éducation devrait jouer dans les solutions. Ce qui a charmé nos leaders est peut-être aussi sa plus grande faiblesse auprès de l'électorat traditionnel : Il ne joue pas le jeu politique de la manière traditionnelle. Il avoue que sa plateforme n'est pas « sexy » et qu'elle vient d'une approche pragmatique et intellectuelle, pas de l'émotion. Reste à savoir si M. Cardy gagnera son siège ce soir, mais quoi qu'il en soit, le leadership étudiant a apprécié son franc-parler et son ouverture d'esprit.
Le lendemain matin, les étudiant.e.s rencontraient Brian Gallant, chef du Parti Libéral, sur les mêmes termes (texte à venir). Le Parti Progressiste-Conservateur n'a pas pu accepter notre invitation.




