
par Raymond Blanchard, agent de recherche et projets
La campagne électorale battant toujours son plein (de vide), nos médias provinciaux se sont peu attardés à l’éducation cette semaine. D’ailleurs, si vous avez fait la pénible expérience du débat des chefs à Radio-Canada (Radio-Canada), vous avez sûrement remarqué que le sujet ne les intéresse pas beaucoup.
On leur a un peu forcé la main avec notre propre débat du 11 septembre où le SEUL sujet était l’éducation postsecondaire. Je vous invite à visionner la vidéo de l’événement –si vous n’y étiez pas- pour les détails (FÉÉCUM). Entre temps, je peux vous diriger vers l’émission La FÉÉCUM en ondes du même jour (FÉÉCUM) qui dissèque les plateformes de chacun des partis en fait d’éducation postsecondaire, et particulièrement universitaire.
Je profite de l’occasion pour souligner que, contrairement à ce que le représentant libéral Victor Boudreau a dit pendant le débat du 63 –et conformément à ce que j’ai affirmé pendant l’émission- la plateforme de son parti ne contient bel et bien pas de plans pour une entente pluriannuelle de financement en p.17 (Libéral). D’ailleurs cela cause certains problèmes compte tenu de leur but de figer les droits de scolarité pour la durée des programmes (FÉÉCUM).
Ce n’est pas dire cependant que les médias nous ont complètement ignorés. En fait ce vendredi l’Acadie Nouvelle fait paraître un article sur la controversée nomination d’un candidat au poste de doyen de la faculté de Droit (L'Acadie Nouvelle). C’est l’ABPPUM qui lance cette fois l’avis à l’administration, faisant suite aux propos inquiets de Denis Roy, professeur à la faculté de Droit et lui-même candidat -non-retenu vous l’aurez deviné- au poste (L'Acadie Nouvelle). La principale objection au candidat retenu est son manque total d’expérience en enseignement et en recherche/publication, lui qui n’a ni maîtrise (LLM) ni doctorat en droit.
Ces critiques arrivent bien tard, car la candidature risque d’être entérinée dès cette fin de semaine à la réunion du Conseil des gouverneurs se tenant à Edmundston. Pour une machine qui bouge lentement, l’Université de Moncton sait parfois faire rapidement les choses. Le processus de sélection a d’ailleurs la confiance du recteur.
Le côté anglophone a poursuivi pour sa part ses enquêtes sur le coût toujours plus élevé des études postsecondaires. Un rapport du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) prédit une hausse de 13% au cours des quatre prochaines années, ce qui ferait passer la moyenne canadienne à 7755$ : une augmentation de 1983$ comparativement à 2013 (CBC). Le rapport soulève également la question des frais afférents/obligatoires, qui deviennent souvent des moyens de contourner les plafonds imposés par les provinces à la hausse des droits de scolarité.
Selon le chercheur Michael Haan de UNB, le N-B perd actuellement 15 personnes âgées de 20-24 ans par semaine, ce qui représente beaucoup d’investissements faits en vain par la province en éducation, loisirs, crédits d’impôts familiaux, etc. (CBC). Il devient donc urgent de consulter la jeunesse afin de voir le moyen de mieux répondre à ses attentes et à ses besoins, si on veut pouvoir espérer la convaincre de rester ici.
Dernier item, un rapport national démontre que la majorité des étudiant-e-s au premier cycle universitaire reçoivent leur éducation de professeurs à temps partiel, souvent largement sous-rémunérés (CBC). La charge de cours à temps complet (3-4 cours par année), entre autres, serait en cause, et forcerait les universités, à qui le financement manque pour embaucher de nouveaux profs à temps plein, de se tourner vers les occasionnels, souvent session après session, et dont plusieurs doivent enseigner dans plusieurs institutions simultanément afin d’accumuler un salaire décent, le tout sans sécurité d’emploi.
Sur ce, bonne fin de semaine à tout le monde, prenez du repos pour le rush final de l’élection provinciale la semaine prochaine – on va tous en avoir besoin. Cela dit, si ce n’est déjà fait, vous pouvez vous enregistrer dès maintenant pour le vote (FÉÉCUM).




