
Discours de notre président Moncef Lakouas en l'occasion du lancement des six recommandations faites au prochain gouvernement du Nouveau-Brunswick (document des Recommandations en pdf)
Mesdames et messieurs, chers collègues, distingués invités, bonjour et bienvenue.
Je désire premièrement vous remercier de votre présence à cet événement, qui se veut un appel à l’action décisive pour la classe politique du Nouveau-Brunswick, et à une occasion de réflexion collective sur l’éducation comme projet de société car comme le dirait Nelson Mandela : L’éducation est l'arme la plus puissante qu'on puisse utiliser pour changer le monde.
Les recommandations annuelles de La FÉÉCUM au Gouvernement ou aux partis politiques ne date pas d’aujourd’hui car depuis bien des années, la voix étudiante se fait entendre de différentes manières, différents styles de leadership mais la cause est commune et le message est unique. Je dirai même que certains d’entre vous ont pris part à ce débat dans le passé et ont contribué d’une façon ou d’une autre à l’essor du Mouvement étudiant. Si la FÉÉCUM se prête à cet exercice annuel, c’est dans le but d’amener des solutions qui peuvent améliorer la condition de nos étudiantes et étudiants et contribuer ainsi au développement de la jeunesse ici au Nouveau-Brunswick.
On a tendance à concevoir les recommandations de la FÉÉCUM comme des revendications qui relèvent seulement de la cause étudiante. Comme vous le savez probablement, mon collègue Pascal Haché et moi-même, avons effectué au cours de cet été une tournée afin de discuter des enjeux touchant les communautés de notre province. Au fil des rencontres et des discussions, il est devenu clair que le dossier de l’éducation n’est pas propre à la FÉÉCUM seulement, mais aussi aux différentes communautés du NB, des communautés vulnérables et qui dépendent de la jeunesse pour préserver leur pérennité. Ceci appelle notre gouvernement à intervenir, et ce rapidement, afin de réagir aux fléaux que sont l’exode de la jeunesse et la diminution de notre population.
Nos jeunes ont tendance à quitter cette province en raison des possibilités de carrière ou d’emploi restreintes, des salaires non concurrentiels, le besoin d’élargir leurs horizons ailleurs et l’inscription à des programmes d’études supérieures non offerts dans notre province. Cela veut dire que nos régions se vident de leur population au profit des grands centres et de l’Ouest canadien, où les chances de trouver un emploi adéquatement rémunéré sont malheureusement bien plus nombreuses que dans notre magnifique coin de pays.
Ces inquiétudes, nous les avons entendues partout où nous sommes allés. Que ce soit de ceux et celles qui ont lu le livre à M. Saillant : Au bord du gouffre, de ceux et celles qui suivent les médias locaux ou de ceux et celles qui l’ont entendu dans les conversations du Tim Horton’s du coin. Nos citoyens sont inquiets par rapport au futur de cette province.
Vous savez, la jeunesse s’endette pour étudier et doit aller trouver ailleurs les moyens de payer cette éducation qui, en bout de ligne, profite à d’autres. La dette moyenne au Nouveau-Brunswick – MOYENNE – est au-dessus de 35 000$, dans une province où les familles peinent à subvenir à leurs besoins de base.
Pour ce faire, nous proposons un plan composé de mesures concrètes, raisonnables et aisément applicables qui sont susceptibles d’aider maintenant, et à long terme, les étudiantes et étudiants.
On peut agir pour réduire l’endettement étudiant en optant pour :
-Une refonte du système qui transformerait un maximum des fonds réservés aux prêts étudiants en bourses non-remboursables.
-Une automatisation du processus de soumission pour la prestation du Nouveau-Brunswick pour l’achèvement des études dans le délai prévu qui ne demandera pas au diplômé de faire les démarches.
-L’établissement d’une forme de compensation financière pour les stagiaires travaillant au sein de l’appareil public provincial.
-Et l’élimination de la contribution parentale du calcul de l’aide financière.
On peut agir sur la rétention et l’intégration d’un maximum des étudiants internationaux qui obtiennent un diplôme chez nous en ajoutant 130 places au Programme des candidats du Nouveau-Brunswick, réservées aux étudiants internationaux pour leur permettre d’accéder rapidement et facilement à la résidence permanente après la fin de leurs études, tout en réduisant le montant de travail qualifié à temps complet requis par le programme à 6 mois au lieu d’un an.
On peut agir pour assurer un avenir financier solide à nos universités publiques en optant pour une entente entre le prochain gouvernement et les quatre universités publiques pour conduire une analyse indépendante des budgets universitaires afin de déterminer leur niveau d’efficience et identifier des pistes d’optimisation de leur rendement.
Nos politiciens, en tant que personnes représentant l’intérêt de nos communautés, doivent agir dans l’immédiat pour planter la graine de l’espoir chez nos citoyens, l’espoir d’un avenir meilleur non seulement pour cette génération mais les générations à venir et comme le disait le philosophe Mikhael Aivanhov : il faut chercher la perfection pour la mettre au bénéfice de la collectivité.
À l’approche d’une élection provinciale et au moment où les citoyennes et citoyens du Nouveau-Brunswick s’apprêtent à choisir leur prochain gouvernement, nous souhaitons voir émerger un réel discours d’avenir chez notre classe politique. De plus, que des engagements clairs et solides accompagnent ce discours, que ce ne soit pas que des paroles en l’air qui retombent sans bruit après la fermeture des scrutins.
Pour conclure, je fais appel à votre sentiment du devoir et votre dévouement à servir la collectivité et je vous tends la main de la collaboration pour qu’on travaille ensemble à faire prospérer cette province en investissant dans la ressource la plus précieuse que possède notre province, à savoir sa jeunesse.
Merci infiniment,
Moncef Lakouas, Président de la FÉÉCUM




