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Notre blogue

La FÉÉCUM tire des conclusions suite à sa tournée provinciale

Détails
6 Août 2014
tournee2014

Au terme de sa tournée provinciale 2014, la FÉÉCUM est en mesure de tirer quelques conclusions générales sur l’état des communautés qu’elle a visitées et leurs besoins relativement au système d’éducation, dans une perspective d’avenir.

Premièrement, il convient de dire que chaque région, clairement, a des défis et une perspective sur l’éducation qui lui sont propres, mais que plusieurs enjeux ont été identifiés de manière commune. Plusieurs de ces derniers affectent de près ou de loin le développement économique de la province, qui semble être une priorité dans toutes les régions, mais jamais au détriment de la société et des valeurs locales.

L’exode de la jeunesse du Nouveau-Brunswick, que ce soit des régions vers les villes ou vers l’Ouest du pays, est sans doute l’enjeu le plus fréquemment soulevé durant les consultations. Il manque clairement d’opportunités pour les jeunes éduqués au N-B, qui sortent de l’Université avec une dette souvent écrasante, et qui ne leur laisse en somme pas d’autre choix que l’exil pour des raisons économiques. Le problème est que même si cet exil se fait avec des espoirs de retour, la situation économique de la province n’a rien pour les encourager à revenir ici.

Tous s’entendent pourtant pour dire que la jeunesse représente l’avenir de la province, et qu’il serait dans le meilleur intérêt de tous que le gouvernement investisse afin d’assurer à cette jeunesse les opportunités d’études et de travail qui en feront des citoyens du N-B à long terme. On doit notamment définir une vision qui reflète les besoins et les valeurs de la jeunesse sur le plan politique et éducatif

L’immigration francophone au N-B est également un enjeu d’importance pour les communautés, aux prises avec la dénatalité et l’exode, d’abord et avant dans le but d’assurer une reprise économique, mais aussi pour assurer la vitalité de la communauté francophone. Beaucoup de questions – et de suggestions – ont été émises quant à ce que la province doit faire pour aider ces personnes à s’intégrer et à demeurer dans les régions. La création d’emplois leur offrant un niveau de vie convenable, et en nombres suffisants, semble la première condition à remplir. Vient ensuite la question de leur fournir des occasions d’apprentissage de qualité en français, afin de leur permettre de maintenir leur langue et d’éviter l’assimilation.

Une question importante à se poser, pour les universités et pour le gouvernement du N-B, est celle de l’avenir que l’on propose aux étudiant-e-s que l’on cherche si activement è attirer ici. Il faut voir plus loin et tâcher de les retenir par la suite en leur offrant des opportunités qui mettent à profit leur apprentissage pour l’avenir de la province, des communautés francophones, et pour leur propre bénéfice.

Le rôle de l’Université dans la communauté a souvent été évoqué : il semble que l’Université de Moncton tend à se distancer de sa mission de service à la communauté acadienne/francophone pour se centrer sur l’aspect administratif de l’éducation. Plusieurs intervenants ont dit souhaiter que l’Université cherche à interagir plus activement avec les communautés qu’elle dessert, que ce soit sur le plan social, culturel, éducatif ou économique. Le manque d’options co-op, la pertinence des programmes proposés pour la communauté, le travail de terrain, la qualité du français et l’accessibilité aux études sont autant d’aspects qui ont été identifiés comme problématiques par les intervenant-e-s.

Il est important de retenir que les gens semblent s’entendre pour dire que le choix d’aller à L’Université de Moncton n’est plus un automatisme pour la population acadienne/francophone du N-B, d’ailleurs largement bilingue. Il faut que la pertinence de l’UdeM soit renouvelée au sein des communautés qu’elle dessert. Les gens demandent plus d’implication, plus d’impact au quotidien de la part de ce qu’ils continuent de considérer comme leur institution. Le dynamisme du CCNB dans les communautés a souvent été soulevé en guise d’exemple à suivre pour l’Université, ce qui doit certes susciter une réflexion.

Le manque de continuité en éducation, entre le système scolaire et postsecondaire, a été soulevé à maintes reprises. Sous diverses formes, les intervenants ont déploré le manque de «pont» entre ces deux sphères, que ce soit en disant que l’école prépare mal les élèves pour leur passage au postsecondaire, que les ressources manquent au niveau scolaire pour aider au choix de carrière, ou encore que les opportunités d’apprentissage en français manquent comparativement à l’anglais, il paraît clair que le gouvernement a un travail important à faire afin de créer un réel continuum d’éducation au N-B.

En raison du bilinguisme de la population, il est plus facile que jamais de quitter le système francophone pour le système anglophone, et ce à n’importe quelle étape du parcours formatif. Cette décision devient de plus en plus une question d’offre, et non plus de langue. Les immigrants francophones, pour des raisons pratiques, auraient tendance à envoyer leurs enfants dans le système d’éducation anglophone, ce qui est problématique dans les régions francophones minoritaires aux prises avec la dépopulation. Certain-e-s ont demandé pourquoi l’Université de Moncton, par exemple, n’offre pas activement de cours en ligne pour mieux rejoindre ces gens.

Les stages non-rémunérés ont été dénoncés en plusieurs des endroits visités. On considère inacceptable que des institutions, publiques ou privées, profitent du travail des étudiant-e-s ans leur offrir de compensation. À plus forte raison dénonce-t-on le fait que ces étudiant-e-s doivent débourser des droits de scolarité à temps complet en dépit du fait qu’ils et elles ne mettent pas le pied sur le campus. Dans certains programmes, il faut payer jusqu’à quatre sessions à temps complet pour rencontre les exigences nécessaires à l’obtention du diplôme et à l’entrée dans la profession.

Donc, les stages non-rémunérés (qui empêchent souvent d’avoir un emploi rémunéré en même temps) ajoutent aux problèmes financiers des étudiant-e-s, qui vivent avec des prêts étudiants qui ne reflètent pas le coût réel des études (ou de la vie)  et un travail – quand travail il y a – rémunéré de façon insuffisante. Tout ce débat a relancé la question de l’accessibilité des études postsecondaires au N-B, et spécifiquement à l’Université de Moncton, de même que celui sur les mesures insuffisantes de réduction de la pauvreté dans la province.

Il semble donc que le gouvernement provincial ne peut faire la sourde oreille aux communautés sur ces enjeux : il en va de l’avenir de la province, tant sur le plan social qu’économique. Les deux semblent indissociables, mais il convient de dire que la priorité semble toujours aller au bien-être et la vitalité de la communauté, et que le développement économique devient en somme un moyen d’arriver à cette fin. La pérennité de l’Université de Moncton en tant qu’institution francophone tient à cœur aux communautés, qui doutent pourtant que l’institution déploie les efforts nécessaires pour conserver sa place dans le tissu social acadien et francophone. Mais plus que tout, il faut trouver – et se donner – les moyens de retenir et de ramener la jeunesse éduquée, que cette jeunesse soit originaire de la province ou de l’extérieur : le dynamisme qu’elle peut insuffler à la province qui ne sera jamais surexploitée au Nouveau-Brunswick!

Et en somme, miser sur la jeunesse et lui faire une place, n’est-ce pas «un retour sur l’investissement» de la société?

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