
par Raymond Blanchard, agent de recherche et projets
Nous v’là en quatorze! Bonne année!
Après deux semaines de stupeur alimentaire, l’actualité reprend vie : déjà nos politiciens annoncent leurs prédictions pour les élections provinciales de septembre prochain. Dans l’Acadie Nouvelle de lundi, Dominic Cardy entrevoit une «compétition entre trois partis», vu qu’Alward et les Bleus ont au moins le mérite d’être clairs et misent sur le développement des ressources naturelles, et que Gallant et les Rouges tournent en tout sens sans message clair. Catégorie «hilarant» : David Coon se donne «un E pour effort» en 2013…
Difficile d’ignorer que l’association des profs d’UNB se prépare à entrer en grève. Après la fin d’une première trève le 2 janvier, qui a protégé la fin du semestre d’automne, UNB a demandé qu’on la prolonge jusqu’à la fin de la 3e semaine de janvier (Brunswickan), soit jusqu’après la date-limite pour payer les droits de scolarité. L’UNBSU a d’ailleurs demandé dès le 3 janvier à ses membres de ne pas payer leurs droits avant la date-limite (Brunswickan), et l’association des profs a refusé de poursuivre les négociations après le 13 janvier. En principe, si une entente n’est pas conclue avant dimanche prochain à minuit, la grève est déclenchée (Radio-Canada). Ce serait la première grève des profs de l’histoire d’UNB.
Ailleurs dans le monde universitaire, UPEI met présentement en place des toilettes sexuellement neutres (gender-neutral) (Radio-Canada), pour accommoder le mieux possible aux besoins de la communauté transgenre et transsexuelle. À l’Université York, un autre genre d’accommodement : l’université a ordonné à un prof de socio d’accommoder la demande d’un étudiant qui disait voulais être exempté du travail de groupe pour «éviter d’être vu publiquement en train d’interagir avec des femmes» pour des raisons religieuses. Hé bien, le prof a dit non : il se dit heureux d’accommoder les besoins religieux divers de ses étudiants, mais pas au prix du dénigrement de membres de la communauté universitaire, en l’occurrence les femmes (CBC).
En périphérie des universités, la communauté scientifique se dit outrée par les coupures du gouvernement Harper, qui a limogé plus de 2 000 scientifiques au service du fédéral au cours des 5 dernières années, tout en appuyant fortement des projets d’exploitation potentiellement dangereux pour le climat, l’eau et la santé publique en général (CBC). Des scientifiques toujours à l’emploi se jugent «bâillonnés» par le fédéral et continuent de communiquer leur inquiétude face à l’attitude du gouvernement Harper envers la recherche scientifique. À Moncton, on apprend que la bibliothèque scientifique du Ministère des pêches et océans a fermé ses portes l’automne dernier, ce qui en fait l’une des sept institutions du genre au pays victimes récemment du même sort. Le geste est fortement critiqué par les scientifiques et les étudiants.
L’un des «grands bâtisseurs» de l’UdeM, Médard Collette, s’est éteint cette semaine (L’Acadie Nouvelle).
D’autres dossiers chauds ont évolué également. On apprend que la gazière SWN se prépare à forer des puits d’exploration, dont elle refuse de dévoiler l’emplacement (Radio-Canada). Qui croit pouvoir passer inaperçu oublie parfois qu’il conduit un dix-huit roues… J’ai bien l’impression que ça sent encore l’injonction.
La SANB attend également une réponse du gouvernement provincial – qui ne vient pas, vous l’aurez deviné – suite au dépôt du rapport Desjardins (le rapport) qui recommande l’injection de 10 millions $ supplémentaires par année dans le système d’éducation francophone sur une période de trois à cinq ans afin d’effectuer le rattrapage nécessaire (Radio-Canada). Le rapport a été déposé à l’Assemblée provinciale en août 2013.
Toujours en éducation, le gouvernement déclare qu’il n’y aura pas de changements apportés au programme d’immersion précoce, dont le point d’entrée demeurera la 3e année, en dépit des recherches suggérant unanimement que l’apprentissage d’une langue bénéficie d’un contact précoce, et des rapports de rendement indiquant que le changement apporté par le gouvernement Graham n’a aucunement réglé le problème de l’«inefficacité» de l’immersion francophone à partir de la 1ère année (Times&Transcript). Et ici, ça sent le débat linguistique, sans doute la raison pour laquelle aucun autre média n’a repris la nouvelle cette semaine.
En terminant, je vous conseille une lecture intéressantes dans la revue Maclean’s (MacLean's) qui nous apprend que moins de la moitié des étudiants canadiens parviennent à trouver un emploi d’été et qui vous donne quelques conseils pour être parmi ceux qui réussissent. Je ne vous apprendrai rien : les contacts sont plus utiles que les compétences.




