L’ABPPUM et la FÉÉCUM se disent inquiets pour l’avenir de l’Université
Lors d’une conférence de presse ce lundi 24 février, l’Association des bibliothécaires et professeures et professeurs de l’Université de Moncton (ABPPUM) et la Fédération des étudiants et étudiantes du Centre universitaire de Moncton (FÉÉCUM) exprimaient toutes deux de vives inquiétudes par rapport à la survie de certains programmes d’études à l’Université de Moncton. Ces préoccupations découlent de la perspective d’abolition mise de l’avant par un Comité ad hoc du Sénat académique de l’Université qui avait pour mandat d’étudier la « viabilité » de certains programmes, notamment en fonction de leur « performances » en termes de diplômé.e.s. Selon les deux associations, les propositions mises de l’avant par un comité interne à l’Université reposent sur un processus et une méthodologie quantitative fort discutables.
Mme Marie-Noëlle Ryan, présidente de l’ABPPUM, questionne les méthodes utilisées pour faire l’évaluation des programmes présentement en danger : « Les critères retenus pour faire cette évaluation ne faisaient pas du tout l'unanimité dès le départ, et en plus, on nous dit que des « critères qualitatifs » ont joué un rôle, sans que ces critères n'aient jamais été explicités. En outre, de l'aveu même des auteurs du rapport, l'abolition de certains programmes ne permettra pas de véritable économie... Pourquoi alors devrions-nous priver les étudiants francophones du Nouveau-Brunswick de ces options qui sont offertes dans toutes les universités anglophones de la province (notamment spécialisations en sociologie et en économie) ? » Elle souligne aussi que le rapport du comité ad hoc prétend ne pas considérer le critère du nombre d’inscriptions à des programmes, mais par la suite, l’utilise pour justifier l’abolition d’autres programmes, comme les maîtrises en droit et en français. « Cela va à l’encontre de l’évolution normale et souhaitée d’une université » ajoute-t-elle. « C’est-à-dire vers l’amélioration générales des capacités de recherche, de développement, de création et d’innovation qui découlent des programmes de spécialisation et de maîtrise. »
Le vice-président académique de la FÉÉCUM, Samuel LeBlanc, pour sa part, prédit que la qualité de l’éducation en souffrira si l’Université suit les recommandations du rapport. « L’abolition de spécialisations forcera l’étudiant qui veut poursuivre des études supérieures dans ce domaine à faire une année supplémentaire ou à aller ailleurs, » explique-t-il. « La société acadienne dépend de l’Université de Moncton pour le développement de compétences essentielles. Elle ne peut pas aller dans cette direction sans exacerber le problème de l’exode de nos jeunes, ni sans miner ses propres efforts de recrutement tant ici qu’à l’international. » Une réunion extraordinaire du Sénat académique aura lieu le jeudi 6 mars prochain pour décider du sort de ces programmes.
Programmes pour lesquels le Comité ad hoc du Sénat académique a recommandé l’abolition
• Baccalauréat appliqué en intervention touristique
• Baccalauréat en arts visuels (orientation enseignement) – serait remplacé par un Bacc. combiné Arts visuels-Éducation de 5 ans
• Baccalauréat ès sciences sociales (spécialisation en économie)
• Baccalauréat ès sciences sociales (spécialisation en sociologie)
• Maîtrise en droit
• Maîtrise en français
• Maîtrise ès arts en éducation (administration scolaire) – serait remplacé par une Maîtrise ès arts en éducation qui chapeauterait l’enseignement, l’administration scolaire et l’enseignement ressource
• Maîtrise ès arts en orientation
Source : L’évaluation et la formulation de recommandations sur la viabilité de certains programmes, rapport présenté par le comité ad hoc du Sénat académique (30 janvier 2014)
Communiqués de presse
L'Université de Moncton songe à abolir des programmes
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