
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Budget de l’Université: pourquoi couper, quand on peut augmenter?
Moncton, le 28 avril 2026 - La FÉCUM est déçue de voir le Conseil de l’Université de Moncton (CDU) adopter un budget plus détaillé, mais qui n’inclut toujours pas de plan clair de réduction des dépenses à long terme, tout en imposant une hausse de 4% des droits de scolarité en 2026-2027.
Le vote sur le budget avait été reporté à la demande du CDU, en raison d’un manque d’information, à commencer par le détail des dépenses dans les facultés. Bien que ces questions furent répondues avant de passer au vote, les inquiétudes persistent du côté étudiant.
« On nous demande de voter comme si tout était correct, alors que pour les campus du Nord en particulier, on entrevoit de sérieux problèmes à court terme sans action pour réduire les déficits », indique Emma Raphaelle, la présidente de la FÉCUM, « et quand on pense que le vote a été reporté spécifiquement pour fournir des réponses aux questions sur le budget - désolée, mais nous donner les réponses qu’on a eues sans parler de plan pour régler les problèmes, ça inquiète plus que ça rassure. »
Le CDU parle aujourd’hui de « quinze ans de sous-financement structurel » à cause d’une subvention qui a augmenté de 1,5% par année en moyenne depuis 2016, contre une inflation annuelle de 2,6%.
La hausse des droits de scolarité entre 2016 et 2025 est de 4680$ (+44,7%) pour les personnes étudiantes internationales et de 2712$ (+47,4%) pour les personnes étudiantes canadiennes, soit une moyenne annuelle de 4,6%. Ceci n’a pas été identifié comme un problème par le CDU.
CORRECTION: la hausse de 2016-17 à 2025-26 est plutôt de 4680$ (+45,5%) pour les personnes étudiantes internationales et de 2554$ pour les personnes étudiantes canadiennes (+45,5%) soit une moyenne annuelle de 4,6%.« Ça me dépasse de voir comment, alors qu’on anticipe des coupures à la principale source de financement de l’Université, le CDU arrive à la même conclusion: pourquoi couper, quand on peut augmenter? », s’exaspère Emma Raphaelle, « On déplore "un contexte financier difficile" une minute, puis celle d’après on parle "d’investir pour améliorer les milieux de vie". Où est le bon sens là-dedans? »
La présidente de la FÉCUM poursuit sur la même note: « On refuse de regarder les dépenses, mais on investit? Je ne sais pas quelle sorte de catastrophe l’Université attend pour agir, mais je peux vous dire que c’est probablement plus proche qu’on pense et que ça va coûter cher aux personnes étudiantes. »
La FÉCUM a proposé un amendement au vote sur le budget, qui a été adopté, et par lequel l’Université s’engage à faire une analyse approfondie des finances de ses facultés et services pour en assurer le bon fonctionnement, ainsi qu’à livrer un plan détaillé de sa vision financière pour les trois prochaines années.
Ça démontre au minimum que la FÉCUM n’est pas seule à souhaiter plus de transparence de la part de l’Université sur sa gestion financière. Espérons qu’on puisse y voir plus clair, et à temps pour appuyer la population étudiante, qui a besoin d’actions concrètes.
Rappelons en terminant que le ministre de l’éducation postsecondaire, Jean-Claude D’Amours, a récemment demandé aux universités de « se regarder dans le miroir » avant de « faire porter “le fardeau” aux personnes étudiantes ». Espérons que l’Université de Moncton n’a pas perdu le sien.
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